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Yahia-Bey, un héros si discret

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Après avoir fêté dignement l’exceptionnelle qualification de Chambéry (CFA2), le buteur décisif face à Sochaux (2-1) a retrouvé son quotidien à Echirolles où il est animateur. Entre euphorie et sens des réalités.

9 heures, ce jeudi matin. Le réveil sonne chez Aïssa Yahia-Bey. La veille, le milieu de terrain du SO Chambéry (CFA2) terrassait les Pros de Sochaux (2-1) en 8e de finale de Coupe de France d’une superbe frappe de vingt-cinq mètres. Mais ce but décisif ne change rien à ses habitudes. « Après le match, on a tous mangé ensemble au Vestiaire, l’un de nos QG, explique le héros du match. Certains ont veillé et ont fait péter les bouteilles de champagne jusqu’à pas d’heures. Mais pour moi, ce n’était pas possible. J’ai préféré ne pas rentré trop tard parce que ce matin, je bossais. »

Après une douche et un rapide petit-déjeuner, direction en effet le service jeunesse d’Echirolles, dans l’Isère où il officie en tant qu’animateur. Mais la nuit de fête a laissé quelques traces et le Savoyard a bien du mal à décoller. « J’ai un peu galéré. Je suis d’ailleurs arrivé avec une demi-heure en retard au travail. J’étais fatigué, mais il fallait se lever. Y a pas le choix. » Son passage au bureau-tabac aura été en tout cas un pur moment de bonheur. « Le buraliste m’a tout de suite dit qu’il m’avait réservé le Dauphine Libéré, l’Equipe et Aujourd’hui en France, savoure-t-il. Il savait ce que je voulais. Ça m’a fait sourire. »

Dans une journée au programme médiatique chargée (RTL, RMC Sport et France 3), l’ancien international de futsal a retrouvé ses collègues de travail le temps d’une réunion de service mouvementée. « Il y en avait partout. Tous m’ont félicité et nous avons un peu parlé de ballon. Ensuite, nous sommes rapidement passés à autre chose. »

« Tout ce qu’on vit est éphémère »

Son activité avec les adolescents dont il a la charge a été plus intime. Entre les matches de ping-pong et les séances de taekwondo, ce héros si discret a refait le match pendant des heures. « Ça a duré, duré, mais ce n’est que du bonheur. » Il a aussi expliqué à ses gamins que ce plaisir ne va pas durer longtemps. « Notre aventure est éphémère, assène-t-il. D’ailleurs si on ne garde pas les pieds sur terre, la chute risque d’être brutale. La Coupe, c’est juste un plus. Je remercie Dieu parce que j’ai connu plein de bonnes choses. C’est pour cela que cela ne va pas être dur de se replonger dans le quotidien. Il ne me manque rien. »

Même pas un quart de finale de Coupe de France entre le PSG et Chambéry au Stade des Alpes de Grenoble ? « Inchallah que ça se déroule comme ça. Jouer contre un gros de Ligue 1 devant 20 000 personnes, ça serait énorme. Mais on verra ce que nous réserve le tirage au sort, dimanche. Ce serait une tragédie de se frotter à une formation de Ligue 2 à l’extérieur. »