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Saint-Etienne : la gloire de leurs pères

Dominique Rocheteau

Dominique Rocheteau - -

Comment évoquer Saint-Etienne sans associer ceux qui ont bâti la légende verte dans les années 1960-70. Larqué, Herbin, Curkovic, Bereta, Rocheteau, Mekloufi. Tous seront derrière la nouvelle génération en finale de la Coupe de la Ligue samedi face à Rennes.

On vous parle d’un temps que les moins de… trente ans ne peuvent pas connaître. Il y a 32 ans, en 1981, Saint-Etienne remportait son dixième titre de champion de France, dernière ligne en date du palmarès stéphanois. Le point final de près de 20 ans de domination des Verts sur le foot français. Leur bilan entre 1962 et 1981 ? Neuf titres de champion et six Coupes de France (plus trois finales). Ne cherchez pas, aucun autre club hexagonal n’a connu série plus prolifique. Sans oublier cette place éternelle dans le cœur du public pour la légendaire épopée européenne de 1976.

Alors, forcément, à l’heure où leurs héritiers vont tenter de remettre les crampons sur un titre – la Coupe de la Ligue – ce samedi face à Rennes au Stade de France, les glorieux anciens plongent dans la machine à souvenirs. Qui continue parfois, souvent, de se conjuguer au présent. « On ne peut pas dire que les Verts ne sont plus les Verts, s’enthousiasme Rachid Mekloufi. Quand je vais à Saint-Etienne, même à 77 ans, les gens dans la rue me reconnaissent encore. Ils se souviennent de moi. » Puissants, les liens entre « Sainté » et son public n’ont pas vu le temps les affaiblir. Ni l’absence de nouveaux trophées. « Ça veut dire qu’on était quand même très bons, à l’époque », s’en amuse Georges Bereta. 

Mekloufi : « Attention, les Verts ! »

Et les Verts nouvelle génération, dans tout ça ? Au cœur d’une saison qui a rendu le club et ses supporters « fiers » (Ivan Curkovic), les anciens n’hésitent pas, en habitués du genre, à leur lancer quelques conseils pour la finale de ce samedi. « Faites attention, les Verts ! L’entraîneur de Rennes a la possibilité de motiver ses joueurs en leur disant que le public et le stade vont être majoritairement pour nous, explique Mekloufi. L’entraîneur doit serrer les boulons pour éviter aux joueurs d’être trop euphoriques. » « Dans une finale, il fait chasser l’émotion et la tension, lance Robert Herbin. Et se projeter uniquement sur le jeu, la solidarité, la compensation et l’efficacité dès le coup d’envoi. » Bereta prévient : « Il ne faut pas se laisser endormir par l’ambiance ».

Dominique Rocheteau lui emboîte le pas : « Il y a une telle attente qu’il s’agit de dédramatiser, de protéger les joueurs par rapport à ça. Ils ne doivent pas faire le match avant de l’avoir joué. » Pour éviter cet écueil, les Stéphanois pourront compter sur l’inégalable ferveur du peuple vert. « Avec ce public, il y a une force morale assez exceptionnelle », juge Jean-Michel Larqué. « Il pousse son équipe à faire plus d’efforts », indique Salif Keita. Et Curkovic d’y aller de son couplet : « C’est ça qui fait la force de Saint-Etienne, cette fidélité de la ville pour son club. »

Comme un symbole des « valeurs vertes » (Herbin) retrouvées dans les deux. Et que Christophe Galtier, l’entraîneur actuel, garde animées en emmenant par exemple ses joueurs au musée de la mine en début de saison, vieille habitude de… Robert Herbin. « Quand vous descendez à 300 ou 1000 mètres dans une mine, et que vous voyez le travail que les mineurs faisaient, ça vous interroge sur ce que vous êtes en devoir de faire sur le terrain, explique ce dernier. Saint-Etienne, c’est un état d’esprit. Galtier le comprend et le fait passer à ses joueurs. » Reste à savoir si les anciens ont transmis celui de la gagne aux Verts 2013. 

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Alexandre Herbinet avec Edward Jay et Larqué Foot