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Abriel : « Anelka ne va pas regretter tout de suite »

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Fabrice Abriel, le milieu de terrain de l’OM, est un proche de Nicolas Anelka. Il revient sur l’altercation qui a opposé l’attaquant de Chelsea à Raymond Domenech, jeudi soir, à la mi-temps du match face au Mexique.

Fabrice Abriel, pouvez-vous comprendre ou expliquer ce qui a pu se passer ?
Je peux avoir mon avis, ce ne sera peut-être pas le sien. On va dire que c’est un tout par rapport à ce qu’il s’est passé. Avant cette altercation, il y a eu déjà la presse qui l’a rendu coupable de mauvaises performances. C’est la goutte d’eau. Il a beaucoup subi, des critiques par rapport à son jeu, même par rapport aux résultats de l’équipe de France. Il n’a jamais répondu dans la presse. Je pense qu’il a vidé ses émotions. Sortir à la mi-temps, c’est un peu trop.

Sortir à la mi-temps, c’est possible, quand ça ne marche pas, on peut être remplacé…
Oui bien sûr, moi ça m’est arrivé dans le championnat de France. Mais déjà je pense que Yoann Gourcuff a dû très mal le prendre d’être sorti pendant le match. Là on sort un joueur à la mi-temps, ça veut dire la mauvaise première mi-temps est surtout sur lui. Donc ça choque un groupe. Je pense que les autres joueurs ont peut-être peur de mal faire et de sortir rapidement. C’est une coupe du monde qui est très regardée, et tout le monde a eu peur un peu pour son image.

Avez-vous eu Anelka, regrette-t-il ses propos ?
Je ne l’ai pas eu depuis. Je ne pense pas qu’il va regretter tout de suite. Dans tous les cas, s’il l’a dit, c’est que c’était vraiment ce qu’il pensait et que c’était plus fort que lui. Après, évidemment, il faut adapter son propos par rapport au milieu où on est, notamment à l’équipe de France. Maintenant, c’est une phrase aussi de nervosité et d’impuissance, ce qui fait qu’elle a été lâchée, comme n’importe quelle personne, n’importe quel être humain a pu lâcher une phrase comme ça dans sa vie. Ça aurait dû rester en interne. C’est dommage que ça sorte dans les journaux, ça prend une dimension énorme alors que c’est arrive dans n’importe quel vestiaire, tous les ans, dans chaque club.

Anelka est-il un homme à s’excuser ?
Il a quand même changé d’attitude par rapport à son début de carrière. Il fallait aussi peut-être lui laisser le temps de s’excuser, c'est-à-dire la fin du match. L’importance c’est quand même le résultat. Peut-être attendre le lendemain et régler ça en tête-à-tête. C’est compliqué de dire s’il aurait dû s’excuser ou pas. Oui, il est atypique, après ce n’est pas une image sur-jouée. Mais il y a des choses qu’on ne peut pas dire. Faut savoir trouver ses mots. Il a dû se passer quelque-chose qu’on ne sait pas, qui n’a pas été rapporté. S’il a dit ça, ce n’est certainement pas pour rien, certainement pas pour faire le « bad boy » ou pour se démarquer.

Avez-vous appelé des joueurs marseillais ? L’ambiance ne doit pas être très bonne…
Je les ai eus juste avant qu’ils partent en Afrique du Sud, et l’ambiance était bonne. Enfin, elle était normale, il n’y avait pas non plus une excellente camaraderie. Comme j’ai dû le dire avec d’autres entraîneurs, on n’est pas obligés de partir ensemble en vacances pour gagner. La preuve, nous à Marseille, on a fait ce qu’il fallait. Je pense on n’est pas obligés de s’aimer, mais il faut avoir du respect pour les autres. Ça je pense qu’ils ne l’ont pas eu. Ce n’est pas que de leur faute aussi, parce qu’il y a eu des choix de l’entraîneur qui ont peut-être fait aussi que ça a froissé les autres joueurs, peut-être aussi des choses dans la presse, ou des réactions entre les joueurs. Ils n’ont pas su se mobiliser, et passer au-dessus de tout ça. L’ennemi était à l’intérieur, pas à l’extérieur.