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Azzuri-kiwis : une question d’identité

Tim Brown

Tim Brown - -

L’Italie va livrer cet après-midi un choc inédit face à la Nouvelle-Zélande (16h00). Un adversaire qui compte sur la Coupe du monde pour sortir de l’ombre du rugby.

Italie-Nouvelle-Zélande : l’affiche paraît totalement déséquilibrée entre les champions du monde en titre et leurs rivaux océaniens. Mais en l’espace de quatre jours et leur match nul contre la Slovaquie (1-1), tout a changé pour les All Whites. La tête de Winston Reid n’a pas seulement offert à la Nouvelle-Zélande le premier point de son histoire en Coupe du monde. Elle a piqué la curiosité d’un peuple forgé aux exploits de ses rugbymen vedettes, les All Blacks, et qui n’avait plus, depuis le Mondial 1982, manifesté autant d’intérêt pour son équipe de foot.

Mercredi matin, ils étaient 212 120 néo-zélandais devant l’émission Breakfast de la chaîne TVNZ pour revoir l’exploit des All Whites face aux Slovaques. Record d’audience pour la chaîne depuis le 1er septembre 1997 et la mort de Lady Di ! (202 590 téléspectateurs).

« Cet engouement est fantastique pour nous, a confié le capitaine Ryan Nelson. Nous n’avons pas l’habitude de ce genre de publicité. » D’ordinaire, celle-ci est promise aux cousins éloignés des All Blacks. Terre de rugby oblige, la Nouvelle-Zélande n’en a que pour les partenaires de Dan Carter. Mais même ces derniers ont succombé à la ferveur populaire. Récemment, ils ont troqué à l’entraînement leur habituelle tunique noire pour une tenue… blanche.

De Rossi : « Perdre contre les Néo-zélandais est impensable »

Et l’Italie ? La Squadra Azzurra est aux antipodes de tout ça. Les champions du monde en titre n’ont pas besoin de séduire un pays tout acquis à leur cause. Si le ballon ovale est en progrès sur la scène internationale, la « Botte » n’a d’yeux que pour son homologue rond. Tenu en échec d’entrée par le Paraguay (1-1), l’Italie ne souhaite pas contribuer à la « All-Whitemania. » « Perdre contre les Néo-zélandais est impensable », a d’ores et déjà annoncé le milieu de terrain Daniele De Rossi. Il y a un an en amical, son équipe avait peiné pourtant pour dominer la 78e nation mondiale (4-3). « Vaincre l'Italie transformerait radicalement le visage du football néo-zélandais », affirme le buteur Rory Fallon. Les All Whites savent ce qui leur reste à faire.

Alix Dulac