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Beausejour, la belle histoire

Jean Beausejour félicité par ses coéquipiers après son but contre le Honduras

Jean Beausejour félicité par ses coéquipiers après son but contre le Honduras - -

Le milieu de terrain de la sélection chilienne revient de loin. Parcours cahoteux, héritage familial dantesque et affublé d'un surnom de bande dessinée, Jean Beausejour a permis au Chili de remporter sa première victoire en Coupe du monde depuis 48 ans jeudi contre le Honduras. La première datait du 16 juin 1962 contre la Yougoslavie (1-0).

A peine voyait-il le jour que son sang immaculé était teinté de conquêtes. C'était écrit. Dans ses veines. Son père, d'origine haïtienne, l'ignore et le rejette. Ses parents divorcent. Cela ne change rien. Viviana Coliqueo est aux abois. Le petit Jean se réfugie dans les bras de son grand-père Andres Coliqueo. C'est lui qui s'occupe de tout. Andres veille sur Jean comme la prunelle de ses yeux, va le chercher à l'école, l'emmène aux entraînements de football et l'aide pour ses devoirs.

Viviana a le sourire. Et du caractère à revendre. L'héritage des "Mapuches" abreuve ses aortes. Ces Indiens de la région de Valparaiso, les seuls à avoir combattu jusqu'à la mort contre les colonisateurs espagnols. Jean Andre Emanuel Coliqueo Beausejour a hérité de cette "garra" sur la pelouse. Le milieu offensif gauche de l'America Mexico ne lâche rien. A l'instar de son but face au Honduras, Beausejour rôde, regarde et place le coup de grâce. Il aurait aimé réussir en Europe, en Suisse notamment mais il n'en fût rien : "J'ai joué au Servette Genève mais je ne m'y suis jamais fait. Il faisait trop froid pour moi," reconnaît-il. Retour au pays. Ses deux premiers clubs, l'Universidad Catolica et l'Universidad Concepcion sont trop petits pour lui maintenant. Beausejour décroche un contrat à Cobreloa à l'extrême Nord du pays.

Il a éclaté au Mexique

Quelques mois à se refaire le moral puis départ au O'Higgins de Rancagua, club improbable, du nom de Bernardo O'Higgins, le libérateur historique de la "nacion"...

Un signe. Beausejour tape dans l'oeil du "fou" Marcelo Bielsa, sélectionneur depuis 2007. Bielsa apprécie la rage de vaincre de ce joueur. L'America aussi. Club phare du Mexique, l'America est à Mexico City ce que l'OM est à Marseille. Un poumon. Vital. L'adrénaline qui circule autour du club attire Beausejour. Pour un chèque inférieur à un million de dollars, le Mexique est sa nouvelle patrie depuis l'été dernier : "Il a éclaté là bas," se réjouit Jose Miranda Montecinos, producteur à TVN, la télévision chilienne. 24 matches et deux buts plus tard dans les tournois de clôture et d'ouverture, Beausejour décroche sa place à la Coupe du monde. Titulaire pour sa 29e sélection face au Honduras. Consultant en Afrique du Sud, Ivan Zamorano ne tarit pas d'éloges sur ce feu follet. L'ancien attaquant du Real Madrid et de l'Inter Milan est élogieux : "Il me fait penser à une sorte de Marcelo Salas du milieu de terrain" a déclaré Zamorano hier aux médias chiliens. "Palmatoria" a régalé. C'était le surnom de "Negro", l'attaquant vedette de l'équipe des "Barrabases", une BD des années 60 et 70. Moqueur, Zamorano l'a attribué depuis à Beausejour...