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Bini, sélectionneur de ces dames

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Ses méthodes douces détonent dans le milieu des entraîneurs de haut niveau. Bruno Bini, coach de l’équipe de France féminine qui affrontera les Etats-Unis en demi-finale de la Coupe du Monde (mercredi 18h), puise son inspiration chez les grands auteurs et compositeurs autant que dans les livres de tactique.

Ses épaules de catcheur tranchent avec la douceur de sa voix et son regard brillant. On l’imagine volontiers gamin, cavalant sur les hauteurs de Laragne, village des Hautes-Alpes où il a grandi. Déjà, ce fils d’un ancien du Stade de Reims devait se balader avec un recueil de poésie sous le bras. La méthode Bini, c’est ça. Des petits mots inspirés par Jean de la Fontaine ou Paulo Coelho distribués chaque jour à ses joueuses. Pour qu’elles sachent profiter de l’instant présent et oublier momentanément la pression. « Il lit beaucoup, il emploie beaucoup de proverbes, des citations de texte, des morales, raconte la joueuse du PSG Caroline Pizzala. On attend toujours un nouveau chapitre de cette histoire… C’est particulier, mais le groupe s’y est habitué. Maintenant on vit avec ça. » Bombardé entraîneur en chef des Bleues en mars 2007 à la suite d’Elisabeth Loiseul, Bini, 57 ans, ancien joueur pro, a notamment porté les couleurs de Nancy avant d’intégrer le giron fédéral. D’abord entraîneur de l’équipe de France féminine des moins de 16 ans, il sera sacré champion d’Europe dans la catégorie des moins de 19 ans en 2003.

Il impose son « projet de vie »

Bini l’affectif, qui s’inspire de coachs comme Deschamps ou Onesta, cultive la proximité avec ses joueuses. « Il aime bien savoir ce que l’on ressent, glisse Pizzala. Pour celles qui jouent un peu moins, il vient discuter avec nous. » Un rapport privilégié qui ne l’empêche pas de prendre des décisions fortes lorsque les circonstances l’imposent. Pour ne pas avoir adhéré à son « projet de vie » la gardienne de Lyon Sarah Bouhaddi ou sa coéquipière Amandine Henry regardent le mondial à la télé.

Celles qui le suivent profitent de sa passion pour la musique, signe le plus évident de son tempérament joyeux. « C’est avant tout un homme qui est super heureux avant d’être un coach, apprécie la joueuse de l’OL Camille Abily. Il est un peu décalé, il essaie toujours de relativiser l’évènement, par le biais de chansons par exemple. » Entre toutes, il en est une à laquelle Bini le sage voue une tendresse particulière : « Un homme heureux » de William Sheller. Tout un symbole. Et dans deux jours, « L’Amérique », de Joe Dassin ?