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Caïpirinha, stress et délivrance à Copacabana

La plage de Copacabana, pendant Brésil-Chili

La plage de Copacabana, pendant Brésil-Chili - -

Le Brésil a tremblé, mais le Brésil est passé. RMC Sport était sur la plage de Copacabana ce samedi pour suivre avec les supporters de la Seleçao l’angoissant 8e de finale de la Coupe du monde contre le Chili.

C’est un samedi pas comme les autres à Rio. Il est 10h, on marche sur l’avenue Atlantica, le long de la plage la plus célèbre du monde. On accompagne les supporters de la Seleçao vers leur premier moment « à la vie, à la mort » de cette Coupe du monde à la maison. On va le partager avec eux. Certains Cariocas n’ont pas encore terminé leur séance de sport sur Copacabana. D’autres sont déjà en train de s’installer dans la « fan fest », où dans trois heures, sera retransmis le 8e de finale entre le Brésil et le Chili. Immanquable, il va devenir irrespirable.

A une heure trente du coup d’envoi, la capacité maximale de 25 000 personnes devant l’écran géant principal est atteinte. Plusieurs milliers d’autres s’avancent vers le second, qui n’est allumé que pour les matchs de la Seleçao. Les loueurs de fauteuils de plage sont pris d’assaut. A midi, les vendeurs de caïpirinha ne savent déjà plus où donner de la tête. L’ambiance monte. Des centaines de Colombiens et d’Uruguayens sont aussi là, en avance sur le deuxième match du jour. Des Chiliens, également.

Ce sont d’ailleurs eux qui mettent l’ambiance jusqu’à l’hymne brésilien. Le son de Belo Horizonte, où le match a lieu, ne passe pas sur Copacabana. Alors c’est a capella que les supporters de la Seleçao reprennent « l’Hino Nacional Brasileiro ». Frissons. Le match débute. « Fuera Chile » (dehors le Chili) », crient les Brésiliens. Ils sont confiants. Leur Seleçao va les faire trembler. David Luiz ouvre le score, c’est l’explosion. Alexis Sanchez égalise, c’est un silence de cathédrale qui recouvre l’autel du foot auriverde. Seuls les Chiliens, Colombiens et Uruguayens, rivaux du continent, donnent de la voix.

Des sifflets, puis des prières

A la mi-temps, un peu d’angoisse, toujours de la confiance. Le match reprend, Hulk marque. Copacabana exulte. Les 50 000 personnes sur la plage mettent plusieurs secondes à comprendre que le but est refusé. Main, encore 1-1. Le temps file. Quelques sifflets à la fin du temps réglementaire. D’autres, plus nourris, à la fin de la prolongation. Les esprits s’échauffent, sous l’effet de la caïpirinha et des bières. La séance de tirs au but démarre. Stress. Prières. Pour ne pas voir le verdict final, une maman se cache derrière sa fille, qui elle-même ferme les yeux.

Jara touche le poteau. C’est la délivrance. On danse, on chante, on se serre dans les bras. On s’embrasse même sur la bouche entre parfaits inconnus. Copacabana bascule dans l’euphorie. On oublie vite ces deux heures de frustration. On rêve. « Les Brésiliens n’ont jamais peur, les Brésiliens vont en gagner une sixième, jure un supporter. On n’a jamais peur, parce que le Brésil est la meilleure équipe du monde, la meilleure du monde ! » « J’ai eu peur au début, mais plus ça avançait, moins j’avais peur, parce que l’équipe du Brésil est plus forte que le Chili, assure un autre. Je savais qu’on allait gagner. » Le mot de la fin à Copacabana ? « On va être champion ! »

RM à Rio de Janeiro