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Coupe du monde : L’Allemagne n’est pas si souveraine

Thomas Müller

Thomas Müller - -

Bousculée par le Ghana, qui a mené au score, l’Allemagne a arraché le match nul face aux Black Stars (2-2) ce samedi grâce au but record de Miroslav Klose. Si souveraine face au Portugal (4-0), la Mannschaft a perdu un peu de son aura.

On commence à le comprendre et chaque journée de Coupe du monde nous le rappelle un peu plus : ce Mondial brésilien est très ouvert et l’étiquette de favori se colle aussi vite qu’elle ne se décolle sur le short des grandes nations. Ce n’est pas l’Allemagne, tenue en échec par le Ghana (2-2), qui fera mentir cette tendance. Oui, lors de son premier match, la Nationalmannschaft avait passé le Portugal à l’essoreuse (4-0). Oui, elle avait impressionné son monde, à tel point qu’on en faisait légitimement un (le ?) grand favori à la victoire finale, tout comme les Pays-Bas, spectaculaires bourreaux de l’Espagne (5-1). Mais comme les Oranje, vainqueurs poussifs ensuite des Australiens (3-2), les hommes de Joachim Löw ont ramé, galéré ferme même, pour ramener un point de leur choc, spectaculaire d’ailleurs, face au Ghana. Leur salut, les Allemands le doivent à l’opportunisme d’un vieux briscard, Miroslav Klose (36 ans), décidément bien à l’aise face au but (son 15e, record de Ronaldo égalé) en Coupe du monde.

Ce petit accroc de la Mannschaft n’était pas vraiment prévisible. Il est pourtant assez logique au regard d’un match, enlevé certes, mais durant laquelle les Allemands ont affiché certaines de leurs limites. Quand ces derniers sont moins frais, moins inspirés, moins percutants, comme ce fut longtemps le cas samedi soir, c’est toute la mécanique de l’équipe qui toussote et bégaie aux abords de la surface adverse. Certes, l’Allemagne a globalement dominé, mais sa possession de balle s’est souvent montrée stérile, avec des centres vite ciblés par la défense ghanéenne.

Sale soirée pour Müller

Si Mario Götze aura mis son but, tout aussi heureux qu’efficace (un enchainement tête-genou dans la surface, 51e), c’est bien là ce qu’aura fait de mieux le joueur du Bayern Munich. Mais l’ancienne pépite du Borussia Dortmund n’aura pas été le seul Bavarois décevant. Toni Kroos n’a jamais eu le rayonnement attendu, quand Thomas Müller, sur un nuage face aux Portugais, était bien trop scotché au sol face aux Black Stars. Bien serré par la défense ghanéenne, pas forcément bien servi non plus, le co-meilleur buteur de la Coupe du monde (avec Robben, Benzema, van Persie et E. Valencia) n’a pas fait parler la poudre. Heureusement, Joachim Löw avait une formidable cartouche en réserve et Klose, non content d’égaliser, a su redynamiser le jeu allemand… et dérégler, en partie, celui du Ghana.

Derrière, l’Allemagne a affiché quelques lézardes, la faute à ses défenseurs centraux (Boateng, Höwedes) reconvertis latéraux de fortune et souvent dépassés par les arabesques adverses. A un Manuel Neuer moins autoritaire, un peu trop spectateur sur la frappe de Gyan (63e) et battu, tout simplement, sur l’égalisation d’André Ayew (54e). Bref, à une discipline défensive beaucoup moins tonique et rigoureuse que lors de son premier match. Heureuse aussi, car ce contre mené à trois par le Ghana et totalement annihilé par… les Black Stars eux-mêmes en fin de match (90e+1), aurait pu littéralement terrasser les Allemands. Ce ne sera pas le cas. Mais cette Allemagne-là, une semaine après avoir scotché son auditoire, aura vu une partie de son aura un peu entamée. On ne dit pas que les protégés de Joachim Löw ne sont plus favoris de ce Mondial. Mais samedi soir, ils n’avaient vraiment pas la tête d’un épouvantail.

La rédaction