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Coupe du monde : le Costa Rica surprend l’Uruguay

Joel Campbell

Joel Campbell - -

Après avoir mené au score, l’Uruguay s’est fait déborder par le Costa Rica (1-3). Naïve derrière et peu dangereuse devant, la Celeste, orpheline de Luis Suarez, a en partie hypothéqué ses chances de qualification pour les 8es de finale.

L’Espagne ne sera pas restée très longtemps seule dans son coin. La Coupe du monde a connu samedi soir son deuxième coup de tonnerre, un peu moins assourdissant que celui provoqué par la fessée magistrale reçue par la Roja devant les Pays-Bas (1-5). Mais tout aussi inattendu… Alors qu’il menait au score, l’Uruguay s’est pris avec fracas les pieds dans le tapis face au Costa Rica (1-3). Et le moins surprenant dans cette défaite d’entrée de la Celeste dans cette Coupe du monde, dans cette claque et dans cette deuxième sensation du Mondial Brésilien, c’est qu’elle n’a rien d’imméritée. Et qu’on l’a, aussi, un peu vu venir…

En trois minutes, la Celeste a vu sa belle opération du soir se transformer en un véritable scénario cauchemar. Le temps pour Joel Campbell d’abord (54e), puis pour Oscar Duarte (57e), de tromper la vigilance d’un Muslera impuissant, un peu abandonné par sa défense, et l’Uruguay posait les deux genoux à terre, pour ne jamais se relever. Présenté comme l’adversaire le plus faible du groupe D, le Costa Rica n’aura finalement pas été si faible que ça. Courageux, solidaire et enthousiaste, avec son 5-4-1 bien exploité par la vitesse de l’ancien Lorientais Joel Campbell, il a gêné à merveille des Uruguayens naïfs derrière et jamais brillants ni dominateurs devant. L’ombre d’un certain Luis Suarez, sur le banc car encore trop juste après sa blessure au genou, n’a cessé de planer au-dessus des joueurs uruguayens.

Le masque de Suarez, le rouge pour Perea

Forlan-Cavani
Forlan-Cavani © -

Rien ne dit que la présence du Pistolero aurait évité à la Celeste de déraper d’entrée dans cette Coupe du monde. Mais elle aurait certainement plus apporté que celle de Diego Forlan, qui n’était qu’une pâle copie, samedi soir, du meilleur joueur du Mondial 2010… Même si sa frappe magistrale – son seul fait d’armes notable – aurait certainement mérité un meilleur sort (44e). Plutôt à son avantage en préparation (2 victoires, 3 buts marqués, zéro encaissé), l’Uruguay a complètement déjoué. Jamais le penalty inscrit par Edinson Cavani (24e) ne lui aura permis de prendre véritablement l’ascendant sur son adversaire. Jamais les hommes de Tabarez n’auront été à la hauteur du statut que leur conférait leur rang de quatrième en Afrique du Sud.

Du banc de touche, Luis Suarez, le masque sur le visage, n’aura rien manqué de ce revers assourdissant, encore plus après le solo d’Urena (84e) et l’expulsion logique de Maxi Pereira en fin de match (90e+4). Un revers d’ailleurs presque lapidaire. Car il va laisser des traces, c’est certain. Et il hypothèque surtout grandement les chances de la Celeste de voir les 8es de finale du Mondial. Il lui faudra maintenant réaliser deux exploits, face à l’Angleterre, puis l’Italie pour continuer l’aventure brésilienne. Le cadet des soucis du Costa Rica, tout heureux de son coup… Et qui peut rêver d’un remake de 1990, quand il avait franchi la phase de poules.

La rédaction