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Crise et chuchotements

Wayne Rooney

Wayne Rooney - -

Incapable de battre les Etats-Unis et l’Algérie, l’Angleterre a perdu son statut de favori. Pire, elle a perdu son jeu et le rendement de ses cadres, Rooney en tête.

On ne peut pas blâmer les Princes Harry et William, venus jusqu’au Cap supporter leurs favoris. Ni même ce supporter qui, dans le sillage de ses futures majestés, a réussi à trouver son chemin jusqu’aux vestiaires pour hurler son dépit à Beckham et consorts. Laissé libre, il est aujourd’hui ardemment recherché… Encore un raté pour la défense anglaise, après l’impensable faute de main de Green face aux Etats-Unis (1-1), qui a tout compliqué. L’équipe aux Trois Lions ne rugit pas, à peine miaule-t-elle. Face à l’Algérie vendredi (0-0), Calamity James n’a pas pris de but. Mais c’est bien le seul point positif d’une soirée que Rooney a poursuivi, après le coup de sifflet final, en insultant les fans britanniques : « C’est bien de voir ses propres fans vous huer. C’est loyal d’être supporter comme ça », s’est agacé face caméra l’attaquant anglais, avant de devoir s'excuser samedi. Sa performance apathique, peut-être encore plus que toute autre, méritait pourtant quelques quolibets et une volée mécontente de vuvuzelas.

La faillite des cadres

On attendait tellement de Wayne Rooney et de l’Angleterre. Après leurs deux premiers matches, deux nuls donc, leur beau statut de favori s’est envolé. Jokers grillés. Une victoire face à la solide Slovénie mercredi est désormais obligatoire pour passer le cap du premier tour. Au moins, excepté les grognements de Rooney, chacun accepte les critiques et la situation, à l’image de Fabio Capello : « Nous avons joué un mauvais match. Je n'ai pas reconnu l'esprit de l'équipe dans ce match », regrette l’Italien. Il n’a pas été le seul. Personne en réalité n’a reconnu cette Angleterre, lente, pataude, sans inspiration ni hargne, à l’image d’un Rooney transparent.

Mais le diablotin de MU n’a pas non plus à porter seul le fardeau de ces déceptions. Heskey n’est quand même plus ce qu’il était, ce dont on pouvait se douter. Mais c’est surtout la faillite des cadres qui irrite l’île, Lampard et Gerrard calquant malheureusement leurs performances sur celles de Rooney. « A ce niveau, il faut savoir jouer avec la pression. On n’y arrive pas et je ne sais pas pourquoi », a d’ailleurs glissé, dépité, Steven Gerrard vendredi soir. Autre problème à venir : avec Ferdinand et King blessés et Carragher suspendu, Capello va devoir étrenner une nouvelle charnière centrale face à la Slovénie. Comme toute l’équipe, elle a une chance unique de briller et relancer l’Angleterre dans son Mondial. Ou il faudra avancer la date du billet retour.

Silvère Beau