RMC Sport

Dans l’intimité de Maradona

Diego Maradona

Diego Maradona - -

Personnage public exubérant et volcanique, le sélectionneur argentin a besoin d’être entouré d’un cocon protecteur pour s’épanouir. Portrait privé de la grande star de ce Mondial avant le 8e de finale face au Mexique, dimanche soir (20h30) au Soccer City stadium de Johannesburg.

Dans la salle de presse bondée du Loftus Versfeld de Pretoria, Diego Maradona n’en finit plus de faire le show à la veille du 8e de finale Argentine-Mexique, de dimanche soir. Lorsqu’il voit Salvatore Bagni, son ancien équipier à Naples, il saute péniblement la barrière et lui donne l’accolade. « Diego est humain, explique l’Italien. Il est extraordinaire, humble et proche des gens. Il donne énormément d’importance aux gens qui lui sont proches, à commencer par sa famille. »

C’est peu de le dire. Depuis son arrivée sur le sol sud-africain, le sélectionneur argentin a organisé sa vie familiale au millimètre près. Il a loué deux appartements. Le premier est occupé par sa nouvelle compagne Veronica, une belle blonde de 31 ans, sa belle-sœur et sa belle-mère. Le second est réservé à son ex-femme Claudia, à ses deux filles, Giannina et Dalma, et à son petit-fils Benjamin, le fils de Sergio Agüero. Les deux clans se détestent cordialement mais respectent une paix armée.

Ses filles sont omniprésentes dans son quotidien. Pour la Fête des pères, elles lui ont offert une paire de lunettes fashion qu’il a exhibée ostensiblement en conférence de presse. En Afrique du Sud, Dalma travaille pour Fox Sport, une chaîne de télé argentine. Elle est fiancée à Fernando Molina, l’attaché de presse de la sélection.

Cette proximité est évidemment critiquée par la presse. Mais Maradona a besoin d’avoir des proches à ses côtés pour se sentir en confiance. Dès le départ, il a d’ailleurs construit son staff à son image, avec des compagnons de longue date. Il a notamment fait appel comme adjoints à Alejandro Mancuso, un ancien équipier en sélection qui a été déterminant lors de sa deuxième hospitalisation en 2004, et Hector Enrique, l’un des champions du monde 1986.

Ses filles sont omniprésentes

Leur complicité est totale. Après les séances d’entraînement au High Performance de Pretoria, les acolytes s’adonnent à des picados acharnés, des petits matches à cinq contre cinq auxquels participe Walter, son inséparable garde du corps. Ils disputent également d’interminables parties de truco, un jeu de cartes typiquement argentin.

Diego Maradona a voulu aussi s’entourer de ses deux préparateurs physiques fétiches, Javier Vilamitjana et Fernando Signorini. Ce dernier le connaît depuis plus de trente ans. L’Aveugle, comme il le surnomme affectueusement, a toujours été présent dans les moments les plus difficiles. Il est le seul à lui tenir tête. Personnage truculent et cultivé, il a mis à la disposition des joueurs une mini-bibliothèque. Il est surtout persuadé que son protégé a un destin. « Il fait partie des hommes qui ont été touchés par une baguette magique et je crois qu’il va nous emmener là où il veut. »