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Et Domenech se mit à pleurer…

Raymond Domenech

Raymond Domenech - -

Arrivés tard dans la nuit de jeudi à Knysna, les joueurs ont eu bien du mal à récupérer de la déception de Polokwane. Mais au sein de la délégation française, le sélectionneur paraît le plus touché. Récit d’une journée particulière.

Peu après 23h30, le bus de l’équipe de France stationne toujours, moteur allumé, dans le parking du stade à Polokwane, en attendant les derniers joueurs encore retenus par les journalistes dans la zone mixte toute proche. A l’intérieur, ambiance silencieuse évidemment mais des comportements déjà se dégagent : André-Pierre Gignac et Hugo Lloris ont les visages fermés, sincèrement écœurés du résultat face au Mexique. A l’inverse, Nicolas Anelka et Franck Ribéry, eux, sont étonnamment souriants, détachés de ce qu’il vient de se passer ; les autres, sur leurs portables pour la plupart.
Affalé sur son fauteuil, à l’avant du bus, Raymond Domenech est accroché à son portable. Il reçoit des messages de soutien de ses proches. Son téléphone n’arrête pas de sonner. Quand il raccroche, le sélectionneur craque. Des larmes coulent sur ses joues, les yeux rougissent rapidement. Quelques minutes passent, le bus démarre enfin, direction l’aéroport. Les Bleus décollent vers 1 heure du matin pour arriver à George à 3 heures et au Pezula une heure plus tard. Roselyne Bachelot les accompagne.

Mise en scène grossière

Avant d’aller se coucher, certains avalent une rapide collation. Rendez-vous impératif est donné à 13 heures pour le déjeuner. Les joueurs restent entre eux. Le staff partage son repas avec la ministre de la santé et des sports. Bachelot fera l’effort de serrer la main de chaque joueur avec un petit mot pour les réconforter. L’ambiance n’est ni calme ni détestable, apprend-on en interne. Il n’y a pas de coups de gueule, ni d’altercation.
Raymond Domenech, lui, a bien dû mal à récupérer. Son portable continue à tourner à plein régime. Là encore pour parler avec sa famille. Cela ira un peu mieux dans l’après-midi. En tout cas en façade. Il échange quelques sourires à l’entraînement avec Boghossian et Mankowski. Il ne trompe personne en revanche avec une mise en scène un peu grossière : il réunit les joueurs devant lui dans le rond central, et devant caméras, appareils photos et autres journalistes, gestes à l’appui, semble marquer son indignation, son incompréhension sur ce qui s’est passé face au Mexique. C’est un mélange d’interrogation et de coups de gueule face à des joueurs, concentrés pour les uns, aux regards défiants pour les autres. Thierry Henry ne le regardera jamais…

F.L., M.B. et J.R. à Knysna