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Et maintenant ?

Raymond Domenech et Alain Boghossian

Raymond Domenech et Alain Boghossian - -

Le désastre de Polokwane face au Mexique (0-2) qui élimine quasiment les Bleus dès leur deuxième match aura forcément de lourdes conséquences sur le football français.

Le grand ménage aura-t-il lieu ?
La mine réjouie de Jean-Pierre Escalettes après la victoire de la France à l’organisation de l’Euro 2016 n’est plus qu’un lointain souvenir. Pour avoir soutenu mordicus Domenech et avoir envoyé les Bleus dans le mur, le président de la Fédération est plus fragilisé que jamais. Son mandat court jusqu’en 2012, mais en homme d’honneur, tirera-t-il les conséquences de l’échec terrible de la Coupe du monde 2010 ? « Il faut qu'on fasse un vrai audit et que chacun prenne ses responsabilités, souligne Christian Teinturier, membre du Conseil Fédéral. Je ne suis pas à la place du président Escalettes. On nous avait promis un changement dans la politique de Domenech. Tout ça n'a pas eu lieu. Finalement, ce qui me gène, c'est que l'équipe de France n'appartient plus à la Fédération. »
La situation pourrait d’ailleurs devenir politique si le ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports s’emparait du dossier. « Il faut laisser passer les passions », plaide pour sa part Roselyne Bachelot. Le prochain Conseil fédéral qui se tiendra le 23 juillet ne manquera sûrement pas d’intérêt.

Houllier dans l’œil du cyclone
« Parlez-moi d’autre chose. » Ce vendredi, au lendemain du désastre de Polokwane, sur le perron de l’hôtel Michelangelo de Sandton, le quartier chic de Johannesburg, le directeur technique national refuse d’évoquer une défaite qui est aussi la sienne. En 2008, en accord avec Michel Platini, Gérard Houllier a pesé de tout son poids pour maintenir Domenech en place et permettre à sa DTN de conserver son pouvoir. C’est lui qui a convaincu les membres du Conseil Fédéral de voter en faveur du sélectionneur sortant. C’est ce que confirme Bernard Saules, l’un des membres du Conseil Fédéral. Aujourd’hui, le fiasco sud-africain marque la fin d’un cycle, voire la fin d’un système. Une chose est sûre, cette fois, la DTN ne fera pas l’économie d’une remise en cause.

Blanc veut faire table rase
Le fiasco des Bleus à la Coupe du monde n’aura aucune incidence sur l’arrivée de Laurent Blanc à la tête de l’équipe de France. Le Président attend juste la fin du Mondial pour annoncer sa décision. Le contrat sur une base de quatre ans et de 150 000 euros par mois est prêt à être signé. Selon nos informations, des discussions sont en cours pour que Blanc puisse se libérer si un gros club venait à se manifester.
Le technicien est conscient du chantier. Il n’est pas effrayé. Au contraire, cela lui permettra d’obtenir plus de pouvoir. Son plan de bataille est simple : il veut faire table rase du passé. Son fidèle adjoint Jean-Louis Gasset sera de l’aventure. Après avoir pensé à Willy Sagnol, Marino Faccioli sera son manager. La candidature du directeur administratif lyonnais a été poussée par Jean-Pierre Bernès. Il veut également faire revenir l’ostéopathe Philippe Boixel dans le staff technique.
Enfin, il a demandé à Fabien Barthez d’occuper le poste d’entraîneur des gardiens. En vain. Mais son ami lui a proposé Laurent Spinosi, l’ancien entraîneur des gardiens de l’OM qui travaille actuellement auprès de la sélection ivoirienne.

Marc Ambrosiano à Johannesburg et Marc Benoist