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Jabulani, le ballon maudit des gardiens

Comme tous les attaquants, Cissé apprécie les ballons fuyants (ici avec l'Europass de l'Euro 2008) qui trompent les gardiens.

Comme tous les attaquants, Cissé apprécie les ballons fuyants (ici avec l'Europass de l'Euro 2008) qui trompent les gardiens. - -

Conçu avec une technologie révolutionnaire, le ballon du Mondial 2010 s’annonce comme le cauchemar des gardiens et l’aubaine des attaquants. Pour toujours plus de spectacle.

Bien avant le coup de d’envoi du Mondial, le ballon dernier né d’Adidas, a volé la vedette aux stars de la planète foot réunie en Afrique du Sud. Nombreux sont les joueurs, surtout les gardiens, qui ont critiqué Jabulani, traduction en zoulou de « faire la fête ».
Et pourtant la FIFA s’enorgueillit d’avoir sorti le nec plus ultra des sphères en synthétique. Depuis le premier ballon fabriqué spécialement pour une Coupe du monde en 1970, Adidas n’a cessé d’apporter des améliorations technologiques. A la différence de ses prédécesseurs, Jabulani n’a pas été cousu mais moulé. Une forme sphérique sensée apporter un gain de stabilité et de précision dans les trajectoires.
Las, les plus grands portiers du moment sont tombés à bras raccourci sur le ballon. Le gardien des champions d’Europe espagnols et favoris du Mondial, Iker Casillas, a parlé de « caractéristiques épouvantables ». Gianluigi Buffon, rempart des champions du monde italiens, a jugé Jabulani « honteux ». Hugo Lloris, portier des Bleus, évoque une « catastrophe ». Tout le monde s’accorde à dire, pour reprendre l’expression du Brésilien Julio Cesar, qu’il s’agit d’un « ballon de plage » ou de « supermarchés ». Adidas appréciera.
En 2006 en Allemagne déjà le Teamgeist (« esprit d’équipe ») était jugé « imprévisible ». Pour être honnête, la FIFA n’a jamais caché être à la recherche de plus de spectacle, or quoi de plus spectaculaire qu’une avalanche de buts et accessoirement des gardiens multipliant les boulettes ?

Djibril Cissé : « Ce ballon a été fait pour moi »

A contrario, la satisfaction de Djibril Cissé donnerait raison à la FIFA. « C’est un ballon d’attaquant qui aime frapper de loin et qui ne se pose pas de questions, a déclaré mercredi le joueur de l’équipe de France. Ça me résume un petit peu, ils l’ont peut être fait pour moi. De plus il part assez vite et bouge beaucoup, donc c’est dur pour les gardiens. »
Et comme si ce n’était pas assez, les matches en altitude vont mettre un peu plus les portiers au supplice. La raréfaction de l’oxygène va augmenter la vitesse des ballons. Des gains de plusieurs kilomètres à l’heure par rapport au niveau de la mer qui vont rendre chèvre Casillas, Bufon, Cesar et Lloris. Avec Jabulani, ceux-là, c’est sûr, ne risque pas d’être à la fête.

L.C.