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Le Brésil peut-il se relever de son naufrage ?

Luiz Felipe Scolari

Luiz Felipe Scolari - -

Humilié par l’Allemagne (7-1) en demi-finales de SA Coupe du monde, le Brésil doit désormais se remobiliser pour le match pour la 3e place, ce samedi, face aux Pays-Bas (22h). Mais la Seleçao a-t-elle vraiment les moyens de se relever ?

Les larmes et les mots d’excuses de David Luiz. Les joues rougies d’Oscar, complètement déformées par le chagrin. Quatre jours après le crash du Brésil face à l’Allemagne (7-1), ces images sont encore à l’esprit du monde entier. Et les pleurs de Neymar, jeudi en conférence de presse, n’ont fait que rappeler l’évidence : le Brésil souffre encore de l’humiliation que lui a infligée aux yeux de tous la Nationalmannschaft.

Oui mais comment ? Encore un peu ? Beaucoup ? Presque… à la folie ? Car, samedi, il y a match. Contre les Pays-Bas, pour le gain de la… troisième place. Un enjeu insignifiant à la base pour une nation qui s’était conditionnée à remporter SA Coupe du monde. Mais d’une importance désormais capitale en termes d’image après le fiasco XXL de mardi soir. « Nous allons tout faire pour honorer le maillot en petite finale, tout donner jusqu’au bout » a promis Luiz Felipe Scolari en milieu de semaine.

« On ne se relève pas comme ça du jour au lendemain »

« L’objectif, c’est déjà de revenir sur le terrain et de rejouer au football, insiste Meriem Selmi. Il faut retrouver le fil des choses pour repartir. Je ne pense pas qu’on se relève d’un traumatisme comme ça du jour au lendemain. Mais je pense qu’il y a des choses qui sont possibles pour éviter que les choses s’aggravent. » Comme ? « Il faut essayer d’analyser ce qui s’est passé sur le terrain, poursuit la psychologue du sport. Sortir du versant moral et comprendre ce qui s’est passé techniquement, sportivement, psychologiquement. C’est un travail que doit faire l’encadrement mais qu’on doit aussi avoir avec l’encadrement. Il y a aussi l’entraîneur qu’il faut remettre d’aplomb. Pour lui, c’est terrible aussi. »

Une esquisse de réponse...

Quel que soit le résultat de sa petite finale face aux Pays-Bas, le Brésil aura complètement raté SA Coupe du monde. A défaut de sombrer une nouvelle fois samedi, la Seleçao pourra-t-elle seulement se remettre d’une telle blessure ? « La défaite fait partie du sport de haut-niveau. Mais le propre d’un athlète de très haut-niveau, c’est de savoir mobiliser ses ressources et ses compétences pour dépasser ça, souligne Meriem Selmi. Plus on arrive à se servir de ces expériences très dures, difficiles, plus on arrive à en extraire ce qui est important pour soi. Ce ne sont pas les coups qui rendent plus fort. C’est ce qu’on a réussi à en faire. » Si les prochaines années éclairciront clairement ce point, c’est aussi demain que le Brésil donnera, déjà, une esquisse de réponse. 

Alix Dulac