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Le plus grand loser du monde tire sa révérence

Giampaolo Mazza

Giampaolo Mazza - -

En une décennie et demie et près de 80 rencontres officielles, Giampaolo Mazza n’a jamais connu le succès à la tête de Saint-Marin. Une vie de loser que le coach italien va laisser derrière lui, ce mardi, après un dernier match contre l’Ukraine.

Pour la trouver sur la carte du monde, il faut zoomer durant un bon moment. Le temps de plonger au cœur de l’Italie, de prendre vers l’Est et de la voir enfin apparaître. Pas plus épaisse qu’un point noir. Coincée entre l’Emilie-Romagne et les Marches, Saint-Marin passerait sans problème pour une petite ville de province. C’est en fait l’une des plus anciennes républiques du monde. Un bout de terre bordé par de hauts reliefs et une épaisse végétation, qui s’étend sur à peine 60 km2. Le cinquième plus petit état répertorié sur la planète. C’est ici, dans cette enclave adossée à la mer Adriatique, que Giampaolo Mazza a passé les quinze dernières années de sa vie.

Une décennie et demie durant laquelle il a rencontré la patience et épousé l’humilité. A la tête de l’équipe de Saint-Marin, le coach italien a appris à souffrir. Beaucoup. Jusqu’à –presque -y prendre goût. De ses débuts face à Israël en 1998 jusqu’à un déplacement en Moldavie vendredi dernier, Mazza a dirigé 85 rencontres. Sans jamais parvenir à remporter un match officiel. Ses plus grands faits d’arme restent un nul décroché en Lettonie en 2001 (1-1) et une victoire - la première de l’histoire de Saint-Marin- lors d’un amical face au Liechtenstein en 2004 (1-0). Pour le reste, celui qui est également professeur d’éducation physique a passé son temps à collectionner les roustes.

Mazza « Perdre est une chose normale pour nous »

13-0 contre l’Allemagne, 10-1 contre la Belgique… Des scores fleuves qui ont relégué son équipe à la 207e et dernière place du classement FIFA (à égalité avec le Bhoutan et les îles Turks et Caïcos). Pas de quoi entamer le moral de l’ancien milieu de terrain à l’heure de mettre fin à son histoire d’amour avec la Serenissima. Ce sera face à l’Ukraine, ce mardi, en éliminatoires de la Coupe du monde 2014 (défaite 9-0 à l’aller). Un moment forcément à part pour le plus vieux loser du continent. « Je suis l'entraineur qui détient le record de longévité en Europe, et peut-être même dans le monde, se félicite le technicien de 57 ans, qui va devenir directeur technique de la jeunesse de Saint-Marin. Je n’ai jamais subi la dictature du résultat. Pour nous, perdre est une chose assez normale… »

« Aujourd’hui, je ressens beaucoup de fierté. Quand j’ai débuté à ce poste, je ne pensais pas en arriver là. Nous avons toujours lutté avec nos propres forces, sans naturaliser personne. » Une prouesse dans un pays qui compte 32 000 habitants et une seule division de football, où cohabitent une quinzaine de clubs. Un réservoir d’environ 50 joueurs, dont le meilleur a évolué un jour en Série B. Difficile de rivaliser dans ces conditions. « Mon plus grand regret est de ne pas avoir gagné en match officiel. C’est dommage », souffle tout de même Mazza. Il lui reste encore un espoir. Pour que l’histoire devienne légendaire…

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Alexandre Jaquin