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Les Bleuets tout près du bonheur

L'équipe de France U20

L'équipe de France U20 - -

Malmenée au premier tour, l’équipe de France des moins de 20 ans a réussi à retrouver le chemin de la sérénité et de l’efficacité pour se qualifier en demi-finale du Mondial. Un rendez-vous que les Bleuets abordent en favoris face au Ghana, qu’ils ont battu en poule (3-1), ce mercredi à Bursa (17h).

Une compétition en forme de montagne russe. Pour les Bleuets, ce Mondial U20 restera synonyme d’émotions fluctuantes. Le côté sombre au premier tour, d’abord, avec une équipe de France poussive. Le côté clair à partir des huitièmes de finale, ensuite, avec deux belles victoires sur la Turquie (4-1), pourtant chez elle, puis l’Ouzbékistan (4-0). De quoi retrouver sourires, sérénité et allant positif. Annoncés comme possibles champions avant la compétition, très critiqués après les matches de poule, les joueurs de Pierre Mankowski ont de nouveau basculé dans la peau de favoris pour le titre.

Car outre le fait de retrouver le Ghana, battu au premier tour (3-1), en demi-finale, la perspective d’une finale sans sa bête noire, l’Espagne (sortie en quart par l’Uruguay), éclaircit l’horizon tricolore. Mais pas question de s’enflammer avant l’heure. Seule priorité du moment, la demie. « On ne pense qu’au Ghana, confirme le sélectionneur. Si l’Espagne n’est plus là, c’est qu’elle a été battue par meilleure qu’elle. Pour l’instant, on ne voit pas plus loin que le prochain match. J’espère qu’on aura de quoi penser à la suite après. » Méfiance, donc, à l’heure de retrouver des Ghanéens pourtant privés de trois de leurs cadres, suspendus (Lartey, Odjer, Attamah).

Mankowski : « Il faut se méfier du Ghana »

« Ce n’est ni avantage ni un inconvénient de les avoir battus dans la mesure où ce match est un tout autre match, analyse Pierre Mankowski. Nous avions eu des difficultés pour gagner et aujourd’hui, ils sont montés en puissance nettement en battant le Portugal et le Chili. Mais nous aussi sommes montés en puissance par rapport à ce premier match. Cette demi-finale va être très différente. Le Ghana a beaucoup de bons joueurs et des ressources mentales extraordinaires. On a plusieurs fois pensé qu’ils allaient être éliminés mais ils revenaient en fin de match. Il faut se méfier énormément de cette équipe. »

Sans oublier les certitudes des qualités propres aux joueurs français. Du talent, les Bleuets n’en manquent pas. A eux de l’assumer, comme depuis deux matches. « Je n’ai pas eu besoin de secouer mes joueurs après le premier tour, raconte le sélectionneur. Ils sont conscients de leur valeur. Ils savent ce qu’ils peuvent faire. On a vu ensemble les manques que nous avions eus. Et derrière, on a enchaîné sur ce match très difficile face à la Turquie et on l’a abordé de façon sereine, combative et très bonne dans le jeu, dans la manière. Les joueurs se sentent bien, nous n’avons ni blessé, ni suspendu. Tout le monde est prêt et a hâte de jouer cette demi-finale. » Avant, peut-être, l’occasion de vivre le bonheur XXL d’une finale mondiale sous les couleurs de son pays.

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Irak, l'invité surprise|||

Il y a dix ans, les Etats-Unis déclenchaient une guerre en Irak qui allait mettre un terme au règne de Saddam Hussein, mais également laisser le pays en lambeaux. Surprenant, donc, de voir une équipe irakienne parvenir une décennie plus tard en demi-finale du Mondial U20, disputée ce mercredi (20h) à Trabzon face à l’Uruguay. « Ils sont assez complets et physiques, analyse Pierre Mankowski, le sélectionneur des Bleuets. S’ils sont là, c’est qu’ils méritent leur place. » Alors, étonnante ou pas, cette qualification ? Pas tant que ça si l’on écoute Myriam Benraad, chercheuse au Centre d’Etudes de Recherche Internationale de Sciences Po et spécialiste de l’Irak. « Le football, comme le sport plus généralement, est vraiment considéré non seulement comme un symbole de fierté mais aussi comme un domaine dans lequel on transcende les divisions ethniques, religieuses et communautaires car dans l’équipe nationale, on a des arabes comme des kurdes, des sunnites comme des chiites et des chrétiens, explique-t-elle.  Le sport peut avoir un rôle de vecteur de rassemblement des Irakiens, d’unité nationale au-delà des divisions. » Avec, forcément, un grand sentiment de fierté devant la performance des U20. « La compétition est très suivie par les jeunes, qui constituent plus de la moitié de la population, indique Myriam Benraad. Ils se rassemblent avec enthousiasme pour regarder ça sur internet, dans des cybercafés, ou devant une télé dans des cafés traditionnels. Dans la jeunesse irakienne d’aujourd’hui, il y a vraiment ce besoin de loisirs et d’activités sportives pour essayer d’aller au-delà d’un contexte sécuritaire et politique qui n’a rien d’enthousiasmant pour eux. » La ballon rond pour s’évader. Et rêver un peu. Jusqu’en finale ?

Alexandre Herbinet avec RMC Sport