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Les Etats-Unis pour les nuls

Jürgen Klinsmann

Jürgen Klinsmann - -

Au pays du basketball, du baseball et du football américain, le soccer fait peu à peu son trou. Culture foot, stars de la MLS, joueurs clés et style de la sélection… RMC Sport vous offre un cours de rattrapage.

Existe-t-il une culture foot aux Etats-Unis ?

Les Américains l’avouent eux-mêmes. Il existe un manque de ferveur pour ce sport qu’ils appellent le « soccer » et qui accuse un retard non négligeable sur le football US, le baseball et le basketball. Et puis, les Américains apprécient plutôt les sports où beaucoup de points sont inscrits. Tout l’inverse du soccer, surtout en l’espace de 90 minutes. L’incertitude arbitrale, les arrêts de jeu et les matches aller-retour participent à ce désamour. Attention néanmoins : le soccer reste un sport très pratiqué chez les plus jeunes, avec des structures modernes mises en place pour aider leur développement. Sans oublier l’étage final, la MLS…

Quelles sont les stars actuelles de la MLS ?

Le développement de la Major League Soccer a pris une ampleur incroyable depuis une dizaine d’années (après une tentative avortée dans les années 70 avec Pelé, Cruyff,…). Davantage que le challenge sportif, inexistant, les stars viennent aux Etats-Unis pour savourer en toute sérénité leur pré-retraite. Avant même David Beckham (2007-2012), Thierry Henry (depuis 2010) et Rafael Marquez (2010-2013), Carlos Valderrama (1996-2004), Hristo Stoichkov (2000-2003) et Claudio Lopez (2008-2010) avaient rallié la MLS, fondée en 1996. Le Colombien Valderrama y a évolué pendant huit saisons, remportant même le premier titre de MVP, alors qu’il jouait pour Tampa Bay. En attendant l’Espagnol David Villa, qui rejoindra le nouveau club de New York City FC la saison prochaine. Car pour le reste, les meilleurs joueurs locaux restent d’illustres inconnus, à l’exception près de Landon Donovan, titré en 2009.

Quels sont les joueurs clés de la sélection américaine ?

Lorsque Jürgen Klinsmann a pris en main la Team USA en 2011, il a déclaré privilégier les joueurs en forme évoluant au plus haut niveau au détriment des stars. Quid alors de l’absence de London Donovan, le buteur des Los Angeles Galaxy, qui remplit ces deux critères ? La polémique a enflé outre-Atlantique. Comme lors de son passage à la tête de l’Allemagne (2004-2006), Klinsmann privilégie la jeunesse. Encadrés par le gardien d’Everton Tim Howard et l’attaquant de Seattle Clint Dempsey, il a fait confiance à Geoff Cameron (Stoke City), le Nantais Alejandro Bedoya, la jeune pépite du Bayern Munich Julian Green (19 ans) et l’attaquant talentueux mais irrégulier Jozy Altidore.

Quel est le style de jeu de la sélection ?

Adeptes d’un kick and rush révolu, inscrit jusque-là dans l’ADN de la sélection américaine, les joueurs ont souffert du passage à un style de jeu basé sur la possession de balle. Mais après deux ans d’un travail acharné, la nouvelle tactique imposée par l’ancien entraîneur du Bayern Munich (2008-2009) commence à donner quelques résultats probants. Comme en témoigne la victoire en Gold Cup l’année dernière, alors que la meilleure performance des américains au Mondial remonte à un quart de finale en 2002, perdu contre… l’Allemagne (0-1). « Le football reflète la culture d'un pays, dans son style de jeu, résume le sélectionneur. C'est important pour trouver l'identité d'une équipe. Aux États-Unis, il y a un bouillon de cultures, alors ce n'est pas facile de définir ce style. » Au-delà des résultats et du style de jeu, c’est une culture américaine du soccer qu’il faut donc créer.

La rédaction