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Les sept merveilles du Mondial 2010

Iker Casillas

Iker Casillas - -

La 19e phase finale de Coupe du monde a été plutôt décevante sur le plan du jeu. Mais on gardera en mémoire des éclairs flamboyants, des aventures humaines et des promesses de lendemains qui chantent.

San Iker, priez pour eux…
Le gardien espagnol n’a pas fait une grande saison avec le Real Madrid. Il n’a pas entamé non plus la Coupe du monde dans les meilleures conditions. Sa responsabilité lors de la défaite initiale face à la Suisse (0-1) est même engagée. Mais soutenu à fond par son coach et ses partenaires, il est allé crescendo au fil du tournoi, à l’image de la Roja. En stoppant un penalty du Paraguayen Cardozo en quart de finale puis en remportant deux duels face au Néerlandais Robben en finale, il aura été le sauveur de l’Espagne.

Forlan, la vraie star mondiale
A 31 ans, l’attaquant uruguayen a disputé la compétition de sa vie. Avec ses cinq buts, tous plus décisifs les uns que les autres, avec son orgueil et sa bravoure, l’attaquant de l’Atlético de Madrid a mené la modeste Celeste à son plus haut niveau depuis quarante ans. Il est l’idole de 3,5 millions d’Uruguayens. Il est surtout la vraie star romantique de cette Coupe du monde iconoclaste. Logiquement élu meilleur joueur du tournoi.

Van Marwijk, chasseur d’ego
En prenant la succession de la légende Marco van Basten après l’Euro 2008, ce technicien méconnu aurait pu imploser dans la gestion d’une sélection néerlandaise en proie aux luttes intestines. Calme, pondéré, chevronné et plutôt habile, le beau-père de Mark van Bommel a su lisser un groupe aux egos surdimensionnés et rendre efficace une formation pétrie de talents. A mille lieues d’un Maradona ou d’un Domenech, le sélectionneur batave incarne la revanche de la compétence sur l’illusion.

Ghana, la symphonie inachevée
Asamoah Gyan aurait dû être le héros de tout un continent affamé de reconnaissance et de gloire. Et le Ghana devenir la première sélection africaine à atteindre les demi-finales de la Coupe du monde. L’attaquant de Rennes a malheureusement raté le penalty de la gagne dans le temps additionnel d’un Ghana-Uruguay de feu. Et les Black Stars ont fini par céder lors de la séance de tirs au but. Mais rien ne fera oublier leur superbe parcours et les promesses d’une aube nouvelle. Lorsque l’Afrique rime avec talent, jeunesse, sérénité et constance… On reverra cette équipe au plus haut niveau.

Mesut, Sami, Thomas et les autres
Ils sont les symboles d’une jeune équipe allemande qui joue et donne du plaisir. D’une sélection généreuse et ouverte. D’une formation fidèle à sa tradition de combat mais qui a su mêler subtilement la technicité de ses nouveaux apôtres. Preuve de cette révolution culturelle, pour la première fois, on a aimé l’Allemagne, son esprit et sa fantaisie. Séville 1982 n’est plus le repoussoir ultime, juste un formidable moment de football. Le sélectionneur devra néanmoins régler le dossier Michael Ballack. Pas sûr en effet qu’avec la star de Chelsea, la Mannschaft s’inscrive dans une dynamique l’amenant vers de nouvelles conquêtes.

Paraguay, l’art de défendre

L’Italie éternelle ? Dépassée. La Grèce 2004 ? Au rencart. Le coffre-fort guarani, bâti par Gerardo Martino, aura élevé l’art de défendre à son plus haut degré de perfection. Même Arsène Wenger a été subjugué. « On a vu des milieux destructeurs très forts comme le Paraguay, souligne le manager des Gunners dans l’Equipe Mag. Quelle intelligence ! » Quart de finaliste d’une Coupe du monde pour la première fois de son histoire, le Paraguay a fait déjouer l’Espagne avant de céder face à Villa. Que se serait-il seulement passé si Iker Casillas n’avait pas stoppé le penalty de Cardozo ?

Kuyt, avec les compliments de Cruyff
Il n’est pas beau, il n’est pas très technique, il ne marque pas beaucoup, mais il est indispensable à la sélection batave. Dirk Kuyt a d’ailleurs un admirateur de choix. Sa Majesté Johann Cruyff en personne. « J’avais des doutes au départ sur lui, affirme la légende néerlandaise. Mais il a fait un immense tournoi. Pour moi, il a été l´un des grands hommes de cette Coupe du monde. Sa performance face au Brésil où il a réussi à bloquer le couloir droit de Maicon est un exemple. » Si c’est Cruyff qui le dit !

Marc Ambrosiano