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Les tops et flops d'Espagne-Chili

Eduardo Vargas et Iker Casillas

Eduardo Vargas et Iker Casillas - -

Sans idées, plombée par une défense défaillante, l’Espagne a chuté face au Chili, (2-0) sans jamais donner de véritables signes de révolte. L’enthousiasme était dans le camp d’en face, avec un trio Sanchez-Vargas-Aranguiz intenable.

TOPS

Charles Aranguiz

Arturo Vidal rêvait de battre le champion du monde en titre au Maracana. Son Chili l’a fait et cet exploit est venu des pieds de son coéquipier Charles Aranguiz. C’est lui qui met Eduardo Vargas sur orbite, d’une très belle passe en retrait, sur l’ouverture du score chilienne. C’est encore lui qui traine dans la surface, pour reprendre victorieusement un coup franc mal repoussé par Casillas. Aranguiz n’a pas, non plus, ménagé ses efforts, lui qui a parcouru un peu plus de 8 kilomètres, mercredi soir, sur la pelouse du Maracana. L’intéressé n’est pas le Chilien le plus connu de sa sélection. Cela devrait changer.

Eduardo Vargas

Quand le Chili marque, il n’est jamais très loin au tableau d’affichage. Face à l’Espagne, Eduardo Vargas n’a pas changé ses bonnes habitudes. En inscrivant son 13e but, ce mercredi soir, lors des 17 derniers matches (toutes compétitions confondues) de sa sélection, le joueur de Naples a libéré les siens et les a mis sur les rails d’un succès historique. Son activité aura fait mal à l’arrière-garde ibérique, sous pression sur chacune de ses courses. Et la FIFA ne s’y est pas trompée en lui attribuant le titre d’homme du match.

Alexis Sanchez

Le joueur du FC Barcelone n’a pas marqué. Et il l’aurait mérité tant il a empoisonné la vie des défenseurs espagnols et fait preuve de justesse dans ses choix de dribbles ou de passes. C’est lui qui ouvre le jeu sur Aranguiz sur le but de Vargas, ce qui confirme son importance dans l’animation offensive chilienne, lui qui est désormais impliqué sur 8 des 9 derniers buts de sa sélection. C’est encore son coup franc qui permet à Charles Aranguiz d’inscrire le but du break. Un match plein et complet de la part de l’ancienne star de l’Udinese.

Claudio Bravo et Gary Medel

Si le Barça hésitait encore à conclure son transfert, le club catalan ne devrait plus avoir trop de doutes sur le gardien chilien. Car s’il n’a pas trop souffert des attaques espagnoles en première période, Claudio Bravo aura été là, bien présent, quand la Roja se sera mise à pousser avec plus d’autorité en fin de match. Il fallait être là sur la puissante frappe d’Iniesta. Il l’a été. La future doublure de Marc-André ter Stegen a, aussi, pu s’appuyer sur une défense endurante, hargneuse et autoritaire, bien articulée autour d’un Gary Medel tout simplement étonnant.

FLOPS

Diego Costa

Il devait changer la façon de jouer de la Roja. Il devait être l’avant-centre type de cette équipe, celui qui transformerait la possession de balle insolente des Espagnols, celui qui jouerait le rôle du finisseur en chef. Plus que Fernando Torres ou David Villa, ses remplaçants. Plus que Fernando Llorente et Alvaro Negredo, restés à la maison. Diego Costa n’aura encore rien été de tout ça, autant par son manque d’impact sur le jeu que par sa mauvaise utilisation, dans l’ensemble, par ses coéquipiers. Handicapé en début de préparation par sa blessure à la cuisse gauche, Costa, auteur d’un tir contré devant Bravo et d’une belle passe décisive (en retourné acrobatique !) vendangée par Busquets, n’a jamais véritablement retrouvé son niveau de milieu de saison. Et lui, le Brésilien de naissance naturalisé espagnol, aura encore eu droit à des sifflets nourris de la part du public à sa sortie. Sale Mondial pour le joueur de l’Atlético de Madrid.

Iker Casillas

Souvent érigé en sauveur de la Roja, « San Iker » n’aura sauvé personne côté espagnol. Et encore moins sa personne, déjà fragilisée par sa prestation ratée contre les Pays-Bas (1-5). Délesté de toute concurrence (De Gea, gêné par des problèmes aux fessiers et Reina n’ont jamais été présentés comme des menaces potentielles), défendu envers et contre tous par Vicente Del Bosque, qui lui a toujours maintenu un statut particulier en sélection, le Madrilène n’aura jamais été à la hauteur de l’événement. Sa bourde face à van Persie et ses deux glissades face à Robben vendredi dernier, sa nouvelle glissade devant Vargas et son mauvais dégagement sur le coup franc de Sanchez ce mercredi : cela fait beaucoup pour un seul homme.

La défense centrale espagnole

Remplacez Piqué par Javi Martinez et au final… vous n’obtiendrez pas plus de sérénité derrière. Une fois encore, la défense de l’Espagne l’a trahie. Ni le joueur du Bayern Munich, ni le Madrilène Sergio Ramos n’auront fait preuve d’autorité. A leur décharge, derrière eux, jamais le pressing qu’auront tenté d’imposer les milieux ne se sera révélé efficace, car pas assez intense au regard de celui pratiqué par les Chiliens. Cela faisait un peu trop pour une défense centrale vraiment pas au niveau d’un champion du monde en titre. Et favori supposé à sa propre succession.

Vicente del Bosque

On aurait pu dire toute l’équipe d’Espagne finalement, car les acteurs sur le terrain, ce sont les joueurs. Mais les idées de jeu et les choix tactiques sont bien ceux de Vicente del Bosque. Oui, l’ancien entraîneur du Real Madrid aura tenté quelque chose contre le Chili, en titularisant Pedro aux dépens de Xavi et en alignant Javi Martinez en charnière centrale en lieu et place d’un Piqué à la rue contre les Pays-Bas. Il aura, aussi, bien tenté un autre coup à la pause, en remplaçant un Xabi Alonso encore décevant par Koke. Mais il aura attendu longtemps, trop longtemps pour sortir Diego Costa. Il aura attendu aussi trop longtemps avant de donner sa chance à Santi Cazorla. Alors que ses joueurs jouaient leur survie dans ce groupe B, jamais Del Bosque n’aura jamais su transcender ses joueurs ou tenter le pari tactique qui s’imposait certainement ce mercredi.

A.D