RMC Sport

Maradona, l’idole vacille

El Pibe de Oro est de plus en plus contesté, par les médias... et par ses joueurs

El Pibe de Oro est de plus en plus contesté, par les médias... et par ses joueurs - -

Arrivée en héros il y a dix mois, la star argentine est désormais la cible de toutes les critiques.

Hier, la couverture du quotidien sportif argentin « Olé » publiait une photo de Maradona, bras croisés, mâchoire serrée et regard absent. Au-dessus du sélectionneur albiceleste, un titre lourd de sens : « On ne va nulle part ! » Après la nouvelle défaite de l’Argentine sur la pelouse du Paraguay mercredi (1-0), « El Diez » (Dieu) est redevenu humain aux yeux de la presse nationale et de l’opinion publique. L’euphorie accompagnant sa prise de fonction en novembre dernier a laissé la place au scepticisme. Avec quatre défaites en six rencontres officielles (dont un cinglant 6-1 dans les montagnes boliviennes en avril), l’idole de de tout un peuple affiche un triste bilan. Sous son commandement, l’Argentine bafouille son football. Aphones, fébriles, désorganisés, ses joueurs ne forment pas une équipe. Tout juste un amoncèlement de stars.

A force d’évoluer sur un fil, l’Argentine a fini par basculer cette semaine. Cinquièmes de la zone Amérique du Sud, les voilà en position de barragistes dans la course à la Coupe du onde 2010. Sous la menace de l’Uruguay, du Venezuela et de la Colombie. A deux journées du terme, l’Afrique du Sud paraît bien loin. Peut-être trop pour les coéquipiers de Lionel Messi, étincelant à Barcelone mais transparent en sélection. Face au Paraguay, le prodige catalan à une nouvelle fois déçu. « Les joueurs paraguayens savaient qu'il était dangereux. Ils étaient trois ou quatre sur lui », plaide Maradona. Il n’empêche, le cas de Messi est symptomatique d’une formation à la dérive, dépourvue de repères et d’identité de jeu. Depuis son intronisation, El Pibe de Oro multiplie les changements. Sans succès. En dix mois de mandat, il a convoqué soixante-deux joueurs sans parvenir à dégager une équipe type. Du gardien aux attaquants, en passant par la défense et l’entrejeu, Maradona ne cesse d’expérimenter, donnant l’impression de naviguer à vue.

Même ses joueurs se lassent…

Au sein de son staff, personne n’ose contester ses atermoiements. Pas même l’expérimenté Carlos Bilardo, aujourd’hui directeur sportif de la sélection. Depuis la claque reçue à domicile face au Brésil le week-end dernier (3-1), les médias argentins eux ne se gênent pas pour pointer du doigt les carences de l’entraîneur, dont le salaire mensuel est estimé à 100 000 dollars. Il se murmure que certains joueurs commencent à se lasser du discours et des méthodes de leur idole de jeunesse. Footballeur de génie, Maradona n’a encore jamais brillé sur un banc de touche. Ses passages chaotiques au sein de clubs de seconde zone, tels que Mandiyu de Corrientes et le RC Avellaneda, au début des années 1990, se chargent de le rappeler.

Sous le feu des critiques, il lui reste maintenant deux matches pour redresser la barre et sauver l’essentiel. En recevant le Pérou le 10 octobre, trois jours avant un périlleux déplacement en Uruguay. Histoire de ne pas être le premier sélectionneur depuis 1970 à priver l’Argentine d’une Coupe du monde.

La rédaction - Alexandre Jaquin (RMC Sport)