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Pelé, une histoire d'OM

André Ayew

André Ayew - -

L'histoire semble se répéter. Inlassablement. Pelé et l'OM, c’est une histoire d'amour qui dure depuis plus de vingt ans. D'Abedi à Andre Ayew, la tradition est respectée. Histoire d'une dynastie africaine.

La démarche chaloupée, le regard alerte, Abedi Ayew Pelé conserve une attitude familière. Celle de l'époque marseillaise. Celle des Waddle, Francescoli, Papin. Dans toutes les mémoires. Abedi, fils d'Afrique, gamin du Ghana, a construit sa légende au prix de dribbles et d'accélérations drastiques. La première Coupe du monde sur son continent ne pouvait avoir lieu sans l'influence et la présence du triple ballon d'or africain. Pelé a oeuvré. En silence. Avec discrétion. Aux côtés de ses amis George Weah et Roger Milla, l'ancien milieu offensif de l'OM a longtemps plaidé en faveur de la cause sud-africaine auprès de la FIFA. Pari gagné. Abedi Pelé est comme chez lui en Afrique du Sud. Logé sur la colline de Sandton, le quartier chic de Johannesburg, le Ghanéen prend du bon temps entre les matches et le grand show de la SABC. Diane Crawford, productrice de l'émission vedette de la première chaîne nationale, est sous le charme : "Il est toujours disponible. Surtout le soir ! Le matin, il ne faut pas trop le déranger car il se repose," souffle-t-elle dans un grand éclat de rire. Consultant avisé, politique malin, Abedi Pelé passe entre les gouttes et parvient à ranger aux oubliettes la fameuse affaire de corruption de mars 2007. A l'époque, Pelé dirige un club de D2 ghanéenne, le FC Nania, qui s'impose 31-0 pour la montée à l'échelon supérieur. L'affaire fera long feu et Pelé peut enchaîner. 2018 et la candidature conjointe des Pays-Bas et de la Belgique est déjà dans sa tête. Il plaide en faveur du duo organisateur de l'Euro 2000 pour la Coupe du monde. Sacré Abedi ! L'édition 2010 n'est pas achevée que le voilà projeté 8 ans plus tard.

Un trio qui pousse

Pelé n'est pas seul. Loin de là. Andre, un de ses trois fils, illumine le parcours des Black Stars. Andre Ayew parvient même à faire de l'ombre au patriarche. Fer de lance de la sélection ghanéenne devant Gyan, Muntari, Boateng ou Appiah, le milieu de terrain offensif d'Arles-Avignon détonne. A 20 ans. Michel Estevan son entraîneur cette saison est admiratif : "Pour quelqu'un de son âge, il fait preuve d'une incroyable mâturité. Il est le dépositaire du jeu du Ghana. Je suis fier car c'est mon joueur..." Estevan a les larmes aux yeux lorsqu'il évoque celui qui fût un des principaux artisans sur le terrain de la montée du club en L1. Andre Ayew garde les pieds sur terre. Le père veille : "L'été dernier, je n'ai pas compris pourquoi Deschamps ne le conservait pas..." Prêté un an par l'OM à son voisin provençal, Andre Ayew va sans doute revenir au bercail à l'issue de sa première Coupe du monde. Lancé par Claude le Roy, le capitaine des champions du monde des moins de 20 ans, capitalise. A vitesse supersonique : "Je veille sur lui. Je ne veux pas qu'il s'enflamme, glisse le père. Pareil pour Ibrahim et Jordan."

Vivier inépuisable, Abedi Pelé "fournit" un deuxième joueur à la sélection de Milovan Rajevac. A 22 ans, Ibrahim pousse derrière. Défenseur zélé, l'aîné des fistons n'est pas titulaire en sélection. Il y a du monde avec les Mensah, Paintsil et autres. Ibrahim Ayew décolle cette saison au Zamalek du Caire après un essai infructueux à Hoffenheim. Seul Andre Ayew devrait débuter face aux Etats-Unis, samedi soir, en 8es de finale de la Coupe du monde. Dans le sillage de ses frangins, Jordan attend son heure. Deschamps le couve. Marseille, son club et sa ville de naissance. Marseille et Pelé, l'histoire n'est pas terminée. Loin de là.

C.Co. à Johannesburg