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Pourquoi l’Allemagne va jouer sans n°9

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La Mannschaft de Joachim Löw s’apprête à débuter demain son Mondial sans véritable avant-centre. Une situation qui fait grincer des dents au pays de Gerd Müller, d’autant que Miroslav Klose a rendez-vous avec l’histoire. Explications.

Un sélectionneur sans ligne directrice

C’est le principal reproche qui est fait à Joachim Löw en Allemagne. Depuis sa prise de fonction en 2006, le sélectionneur donne l’impression d’avance à tâtons. Sans vrai plan de bataille. A la tête d’un réservoir extensible, le technicien de 54 ans peine à faire des choix. En témoigne sa liste des 23, avec six défenseurs centraux et huit milieux offensifs, qui a beaucoup fait parler outre-Rhin. Tout comme sa compo annoncée face au Portugal. Après avoir disputé une grande partie des éliminatoires avec un avant-centre de métier (Klose, Gomez, Kruse), Löw a décidé de commencer le Mondial sans véritable n°9. Peut-être avec Thomas Muller dans l’axe, Lucas Podolski et André Schürrle sur les ailes et Mesut Özil en meneur. Une surprise de plus. Ou plutôt la routine pour l’ami Joachim.

Pas de candidat indiscutable

Miroslav Klose peut devenir le meilleur buteur de l’histoire des Coupes du monde cet été. En effaçant les 15 buts de Ronaldo, chez lui, au Brésil. Rien que ça. Mais l’homme à la détente NBA traîne ses 36 ans sur la route de la légende. Même si son expérience peut faire la différence, il n’est plus l’attaquant indéboulonnable de la Nationalmannschaft. Le rôle aurait pu être endossé par Mario Gomez. Mais le buteur de la Fiorentina n’a pas été retenu pour raison médicale. Max Kruse, polyvalent et convaincant avec Mönchengladbach, a lui été sanctionné pour avoir amené une prostituée dans sa chambre lors d’un rassemblement en novembre dernier. Stefan Kiessling (Leverkusen) et Kevin Kuranyi (Dynamo Moscou) sont écartés depuis qu’ils se sont pris la tête avec « Herr Löw ». Sans rien faire, Klose a donc éliminé tout le monde.

Des jeunes pas encore prêts (au goût de Löw, en tout cas)

Ils sont deux, sortent d’une saison réussie et auraient, dans d’autres sélections, sûrement fait partie du vol direction Rio. Sauf que Pierre-Michel Lasogga et Kevin Volland n’ont visiblement pas assez marqué au goût de Löw. Et pourtant, Lasogga, 22 ans, a inscrit 13 buts en 20 matches pour Hambourg (il appartient au Herta Berlin), tandis que Volland, 21 ans, en claquait 11 + 4 passes décisives pour Hoffenheim. Pire, si leur sélectionneur les a oubliés, il est bien le seul, puisque nombre de clubs anglais surveillent l’attaquant d’Hambourg et que le Real Madrid, reste à l’affut pour celui d’Hoffenheim. La bonne nouvelle, c’est qu’ils ont désormais tout l’été de libre pour réfléchir à leur avenir.

Un système influencé par Guardiola

Il a beau avoir brillamment remporté la Bundesliga, changé complètement la face d’un Bayern Munich déjà très fort (cinq titres la saison précédent son arrivée) et atteint les demi-finales de Ligue des champions, Pep Guardiola ne fait pas l’unanimité en Allemagne. Trop de passes, pas assez de jeu direct, une impression de vouloir rentrer dans le but avec le ballon… tout ce que l’observateur habituel du football germanique n’aime pas. Au pays de Müller, on préfère de loin les débordements, les centres, les têtes, les frappes lointaines, même les gros pointus à la limite du hors-jeu. Et surtout, surtout, on aime les numéros 9, que diable ! Au contraire donc de Guardiola et de Löw qui, depuis ses tâtonnements tactiques et sa décision de ne partir qu’avec le vieux Klose en attaque, concentre sur sa personne les critiques habituellement réservées à l’entraîneur du Bayern. Une sorte de passage de témoin, en plein choc culturel.

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Alexandre Jaquin et Raphaël Cosimano