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Pourquoi la Seleçao est sous pression

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Le Brésil entame sa Coupe du monde ce jeudi face à la Croatie, à Sao Paulo (22h). Dans un pays secoué par la contestation sociale, les partenaires de Neymar sont attendus au tournant. Comme jamais dans leur histoire.

Un peuple en colère

La Coupe du monde ne fait pas que des heureux au Brésil. Loin de là. A l’approche du début de la compétition, la contestation sociale s’est intensifiée aux quatre coins du pays. Indignés par les coûts d’organisation et écartés des stades en raison des tarifs prohibitifs, des milliers de Brésiliens battent le pavé pour exprimer leur colère. Grève du métro à Sao Paulo, échanges de tirs entre policiers et trafiquants à Rio, les incidents se sont multipliés ces derniers jours. Et le mouvement ne semble pas prêt de s’essouffler. Dans ce contexte bouillant, Thiago Silva et ses partenaires n’auront pas le droit à l’erreur sur le terrain. S’ils semblent pour l’instant épargnés par la vindicte populaire, un faux-pas face à la Croatie pourrait rapidement les mettre dans une situation inconfortable.

Un blason à redorer

La houppette improbable de Ronaldo appartient désormais aux livres d’Histoire. Son doublé en finale face à l’Allemagne également. Depuis son dernier sacre à Yokohama en 2002, la Seleçao n’a plus vraiment brillé en Coupe du monde. En 2006, elle a dû s’incliner devant la classe et le talent de Zinedine Zidane au terme d’un quart de finale devenu légendaire (0-1). Quatre ans plus tard, elle a chuté au même stade du tournoi face aux Pays-Bas de Wesley Sneijder (1-2). Autant dire que l’équipe aux cinq étoiles est revancharde à l’heure d’entamer sa Coupe du monde. Annoncé comme le grand favori, le Brésil va devoir assumer. Pour continuer à écrire sa légende.

Un traumatisme à effacer

Beaucoup n’étaient pas nés le 16 juillet 1950. Mais au Brésil, tout le monde connait cette date maudite. Le jour où le pays entier a sombré dans la dépression. Alors que l’Europe panse encore les plaies de la Seconde Guerre, le Mondial se déroule au pays de la samba. Dans un format inédit, sans phase finale. A la fin de ce mini-championnat, la Seleçao vire en tête, avec un point d’avance sur l’Uruguay. Les deux équipes s’affrontent lors de la dernière journée dans un match décisif. Un nul suffit au bonheur du Brésil, qui ouvre le score par Friaça dans un stade Maracana en fusion. Mais la Celeste se rebelle et l’emporte finalement 2-1, sous les yeux désespérés de 200 000 spectateurs. L’enceinte se vide dès le coup de sifflet final, plongeant le pays dans un deuil national de plusieurs jours. La légende évoque même une vague de suicides. Un traumatisme que les joueurs de Luiz Felipe Scolari tenteront de faire oublier cet été. Avec une finale prévue le 13 juillet… au Maracana !

Une star à confirmer

Il incarne à lui seul tous les espoirs de la nation. A 22 ans, Neymar est attendu comme le messie par le peuple brésilien. L’enfant de chéri de Santos, en grande forme durant les matches de préparation, est une idole absolue au pays. Ses dribbles dévastateurs et son sens du but (31 en 49 sélections) en font l’arme fatale de la Seleçao. Après avoir survolé la Coupe des Confédérations l’an passé (victoire 3-0 en finale contre l’Espagne), l’attaquant du FC Barcelone va devoir confirmer lors du Mondial. Un test grandeur nature qui peut faire basculer son destin, à l’heure où de nombreux observateurs le jugent encore frêle pour le très haut niveau. « Je ne ressens pas la pression, balaie le principal intéressé. Je veux crier : « Je suis champion du monde ! » ».

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Alexandre Jaquin