RMC Sport

Riolo : « Allemagne et Argentine, ou quand le résultat ne dit pas tout »

-

- - -

Retour sur les deuxièmes matches de l’Allemagne et de l’Argentine.

La journée de samedi proposait donc de revoir l’Allemagne et l’Argentine… Après sa démonstration face au Portugal (4-0), l’Allemagne devait gagner et faire peur à la France. Oui je dis ça parce qu’à présent toutes les équipes sont regardées comme des éventuels adversaires des Bleus. Ils font peur ou pas ? Telle est la question.

Permettez-moi de ne pas me préoccuper de ça pour l’instant. D’abord regroupés, les Ghanéens attendent. L’Allemagne fait le jeu, se crée des occasions. L’idée est que ça va passer. Les décalages sont souvent bons, intéressants, mais en phase de conclusion, les Allemands manquent de poids, de présence dans la surface. Ça fonctionne plutôt bien, mais ce n’est pas assez tranchant.

Ça prend une meilleure tournure dès l’entame de la seconde période. Götze marque d’une tête-genou originale. On se dit alors que l’Allemagne va filer vers une fin de match tranquille.

Mais le Ghana met un impact physique qui perturbe de plus en plus l’Allemagne. Une fois mené, le Ghana s’est libéré d’un jeu trop défensif. Plus haut, il gêne beaucoup plus l’adversaire. André Ayew égalise d’une tête qu’on a l’impression d’avoir vu 1500 fois à l’OM. Mais le coup de tonnerre arrive. Une relance cafouillée termine dans les pieds de Gyan ! 2-1 ! Le Ghana presse de plus en plus. L’Allemagne ne développe plus la moitié d’une action.

 Löw change son équipe. Klose prend la pointe et Müller recule d’un cran. Schweinsteiger entre au milieu. L’équipe penche encore plus vers l’avant. C’est immédiatement payant. Klose égalise et rejoint Ronaldo dans l’histoire de la Coupe du monde. L’Allemagne reprend le dessus. La qualité de passe revient. Ils ont une capacité à casser les lignes qui est impressionnante. Le souci, c’est la finition. Se créer autant de situations sans marquer, c’est fâcheux… Mais au fait, 2-2 contre le Ghana, ça fait peur ou pas ?

Sans faire peur à personne, l’Argentine a enchaîné une deuxième victoire. Au terme d’un match souvent pénible, c’est Messi qui s’est chargé de jouer le sauveur. Avant cela, très discret, Messi a beaucoup marché. Pour un joueur de cette classe, il fût même souvent agaçant, décevant. La prestation de l’Argentine fut donc terne, mais de là à tirer des enseignements négatifs sur cette sélection, non !

L’histoire du gros qui joue un petit avec autobus devant la surface, on la connait par cœur. Frustration, impatience qui débouchent sur un jeu qui se délite, des passes ratées, c’est un classique. Personne ne se balade devant un autobus. C’est logique car si l’ouverture est trouvée rapidement, le match change et l’équipe qui gare le bus doit forcément faire autre chose.

Là, ce sont tous les défauts de l’Argentine qui sont ressortis. Messi qui veut trop en faire tout seul. Higuain et Agüero qui se marchent dessus, le milieu qui ne trouve pas de solution, Di Maria qui joue confus… Mais avec un peu d’espace tous ces joueurs sont comme tous les autres, ils font bien plus mal. L’Argentine a gagné et même à l’arrache, elle se dirige vers la première place du groupe. Il sera temps plus tard de savoir ce qu’elle vaut vraiment. Une petite conclusion bien banale qui vaut pour toutes les équipes…

Daniel Riolo