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Riolo : « Brésil/Chili et Pays-Bas/Mexique, c’est tout chaud ! »

Daniel Riolo

Daniel Riolo - -

Retour sur les qualifications de quatre équipes pour les 8e : Brésil, Mexique, Pays-Bas et Chili…

On entamait donc les 3e matches de poule ce lundi. J’ai jamais vraiment cru à l’idée selon laquelle on se battait réellement pour finir premier d’un groupe. Surtout dans le cas d’un match entre deux équipes déjà qualifiées. C’est justement ce que proposait la partie entre les Pays-Bas et le Chili.

Ces derniers matches de poule signent souvent le retour des « épiciers ». Conserver, peur de perdre, de gâcher l’acquis occupent les esprits.

On va en avoir plusieurs des cas de figure « compliqués » cette semaine. Et notamment celui des deux équipes qui en faisant nul passent toutes les deux, Argentine/Nigéria et Allemagne/USA, et mon esprit mal placé qui se dit que forcément ça fera nul… On aura aussi les matches qui ne concernent qu’une équipe, comme le Equateur/France…

Et puis on a aussi les matches « couperets », les plus passionnants. Comme des 16e de finale. Italie/Uruguay demain. Mexique/Croatie, ce soir.

Le nul qualifiant le Mexique, la tentation d’attendre existe. Les Croates doivent eux gagner absolument, mais trop se livrer et prendre un but peut se révéler insurmontable. Ça ressemble à un match de Coupe d’Europe aller/retour avec une dimension calcul et psy importante.

La première période est équilibrée. Le Mexique profite de son avance pour tenter de contrôler le jeu. La Croatie semble reculer le moment où elle se livrera vraiment. Il faut dire que la capacité des Mexicains à faire circuler vite le ballon a de quoi faire peur. Du coup, les Croates attaquent, mais avec le frein. La défense à 3 autour du patron, Marquez, n’a pas de mal à contenir le danger.

En seconde période, peu à peu la tension est plus palpable. La Croatie essaye de rester calme, de construire. Mais c’est trop calme.

Le Mexique est passé en mode «grinta». Le match devient bouillant. Loin de reculer, les Mexicains poussent et semble mieux gérer l’intensité, la tension du match. Collectivement, le Mexique propose plus de choses positives. Aucune volonté de tenir l’avantage du nul ne transparait. Au milieu, si Modric tente beaucoup, il trouve peu d’espace. Rakitic est lui plus discret que d’habitude.

La hargne, l’envie des Mexicains est récompensée sur corner. Rafa Marquez met la tête du 1/0. La Croatie est dépassée. De plus en plus étouffée par le pressing, la détermination de l’adversaire. Sur le but du 2/0, ils sont trois Mexicains dans la surface ! C’est admirable ! Techniquement, tactiquement, ce Mexique est très intéressant.

Plus tôt dans la soirée, les Pays-Bas finissaient premier de leur groupe en battant le Chili 2/0. On n’a pas reconnu le Chili pressant, vif, habile des deux premiers matches. Et je ne sais toujours pas quoi penser des Oranje. 3 victoires en 3 matches, 10 buts, le bilan est excellent et pourtant je n’arrive pas à avoir une idée précise du niveau de cette équipe. Robben est en feu, Sneijder par instants mène le jeu. Van Persie n’était pas là. C’est surtout une équipe de contre, loin du niveau de celle de 2010. Loin aussi de celle de 2008. Elle joue même à 5 derrière maintenant, mais ça marche. Pourtant elle est là. Qualifiée aisément en 8e. Ce qui est sûr, c’est qu’elle a un super coach. Van Gaal a trouvé le bon système pour ses joueurs.

Cette Hollande a balayé une Espagne à bout de tout dans une seconde période surréaliste. Elle a souffert devant l’Australie et a enfin écarté une équipe du Chili que j’ai vu très séduisante dans ce Mondial. J’ai souvent apprécié la Hollande, son jeu, ses talents. Cette année, elle me laisse perplexe, mais je suis prêt à vite être convaincu…

La suite, c’est pour ce week-end avec un 8e contre le Mexique. Plus tôt, le Brésil, facile vainqueur du Cameroun, jouera contre le Chili. Pour l’hôte de ce beau Mondial, il faudra clairement augmenter son niveau, jusque-là, pas à la hauteur de l’évènement…

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