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Riolo : « Le deuxième jour, l'Espagne s'effondre... »

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Retour sur une 2e journée de folie à la Coupe du monde, avec notamment la gifle infligée par les Pays-Bas à l'Espagne…

C’était donc le soir du champion du monde. On en parle peu de l’Espagne, non ? Comme si leur domination mondiale devait forcément s’arrêter. Selon moi, la seule question, c’est de savoir s’ils ont encore faim. Car si c’est le cas, comment ne pas voir que c’est à nouveau la meilleure équipe au départ de ce Mondial ?

Une Espagne presque « révolutionnaire » puisqu’elle évolue avec un vrai 9. Bon, elle jouait avec Torres en 2008 et 2010, avec Villa et encore un peu avec Torres en 2012, mais la légende veut que l’Espagne n’ait pas de 9…

Le premier événement intervient après 1 minute et 40 secondes : Piqué envoie un long ballon devant, vers Costa ! Un long ballon en l’air, oui oui !! Une bizarrerie dans le jeu espagnol. Un jeu qui semble avoir évolué vers une recherche fréquente de la pointe, Diego Costa. Un peu comme s’il fallait mettre le « nouveau » en confiance… 

Après un début un brin hésitant, l’Espagne entre en « possession » et fait reculer son adversaire. Une équipe des Pays-Bas qui comprend vite qu’elle n’aura que des miettes à jouer…

L’affaire semble bouclée dès la 25e. Depuis quelques minutes déjà, l’Espagne domine et affiche sa créativité, sa technique. La passe sublime vers Costa qui débouche sur le peno illustre toute la supériorité du foot espagnol depuis des années…

Juste avant la pause, Iniesta régale encore, mais David Silva termine mal. Et pendant qu’on cultive le sentiment que l’Espagne est toujours supérieure aux autres, van Persie égalise. Un très beau but. La défense espagnole est bien légère sur le coup. Dans le jeu, ça semble bouclé, mais le score indique le contraire…

Voilà, on est bien calé sur l’idée que l’Espagne passe toujours. L’habitude. Et puis non. Les Pays-Bas ne veulent pas du rôle de victime. Ils vont profiter du dilettantisme espagnol. Busquets laisse trop passer de ballons. La défense ne rassure pas. Et devant, l’apport de Costa n’est vraiment pas significatif. Petit à petit, c’est toute l’équipe qui va vivre un naufrage…

Personne ne comptait sur les Pays-Bas, mais avec un grand coach et des joueurs de talent, tout semble possible. Robben est très bon, van Persie aussi. Plus ça va, plus les Hollandais pressent. Chaque ballon récupéré est joué vite. L’Espagne est amorphe, comme sûre d’une force qu’elle ne montre plus… Les têtes sont-elles fatiguées ? Repues de succès ? Les jambes cassées ? La débandade va être incroyable…

On assiste à une déroute. 2/1, 3/1, 4/1…. C’est fou. Casillas se déchire pour offrir le 4e but ! Le champion est à terre… On assiste à une soirée que personne ne pouvait imaginer. L’Espagne aurait pu mener 2/0 et gérer, elle a finalement explosé.

Robben et van Persie ont été excellents. Ils ont fracassé une Espagne en morceaux dans une seconde période irréelle.

Un peu plus tôt dans la journée, on a vu une belle équipe Mexicaine battre un faible Cameroun. Le score de 1/0 est flatteur pour l’équipe africaine tant l’écart était grand. Techniquement, tactiquement, le Mexique avec un bon milieu à 5 très habile a tout maîtrisé. L’équipe d’Eto’o a fait peine à voir. Elle ne propose rien et affiche une médiocrité technique terrible. Pourtant, beaucoup d’observateurs voyaient le Cameroun favori dans ce match et candidat crédible au 8èmes… Il faudra dire un jour à quel point l’analyse concernant les sélections africaines est vérolée par une bien-pensance qui touche le foot, aussi. Dire du bien des équipes africaines est une quasi obligation morale dans les médias, car on a peur sinon d’être du coté de la bête immonde. C’est ridicule, mais ça existe. Une grotesque réalité…

Sinon, au bout de trois matches, le monde a décidé de se déchaîner sur l’arbitrage. C’est le sujet numéro 1. La polémique facile. On n’a pas le temps d’analyser, il faut aller vite, et s’en prendre à l’arbitre est commode. Ça évite de réfléchir. Il faut consommer, s’énerver. Je n’ai aucun égard pour ce type de raisonnement de caniveau. Un jour peut-être, certains auront le foot qu’ils réclament. Celui de la fameuse vidéo. Celui que personne n’a encore décrit, expliqué. Celui qu’on fantasme, qu’on croit meilleur. Le progressisme, c’est toujours bien. Il paraît… Un jour ça changera, peut-être. En attendant, je profite du foot que j’aime et qui m’a, pour l’instant, offert des matches intéressants dans ce Mondial !

Daniel Riolo