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Saules : « Anelka aurait dû rentrer à pied »

Nicolas Anelka

Nicolas Anelka - -

Bernard Saules, ancien arbitre de football, membre du conseil fédéral de la FFF, n’a pas de mots assez durs pour stigmatiser la débâcle des Bleus à la Coupe du monde. Et se dit prêt à démissionner.

Bernard Saules, le Conseil fédéral de la FFF avait conforté Raymond Domenech en 2008 malgré le fiasco de l’Euro. Ne doit-il pas aujourd’hui en tirer toutes les conséquences et démissionner ?
En 2008, après l’Euro désastreux, la question du maintien de Raymond Domenech nous avait été posée. A ce moment là, le président de la fédération Jean-Pierre Escalettes s’était entouré de personnes qui connaissent bien le football, en l’occurrence Gérard Houllier et Michel Platini. On nous a alors demandé d’être solidaires de la décision du maintien de Raymond Domenech afin qu’elle soit forte. Il y a donc eu 19 voix pour et une abstention. Aujourd’hui, le constat n’est pas bon. Si vous me dites, Bernard Saules doit partir, cela ne me pose donc aucun problème.

En fait, il n’y a aucun débat démocratique au sein du conseil fédéral…
Mais ce système ne date pas d’hier ! Et en 1998, l’équipe de France a été championne du monde, en 2000, nous avons gagné le championnat d’Europe. Et la composition du Conseil fédéral était sensiblement la même. Aujourd’hui, cela ne fonctionne plus car ce ne sont plus les mêmes joueurs. Le vrai débat demain, c’est de savoir si un joueur qui améliore sa notoriété et donc le montant de ses contrats en jouant en équipe de France mérite de gagner autant d’argent. A force, les joueurs oublient qu’ils n’ont pas que des droits, qu’ils ont aussi des devoirs. J’espère qu’on ne revivra plus jamais ça. Cette Coupe du monde a été cauchemardesque. Nous avons donné une image pitoyable au monde entier. 

La FFF n’a-t-elle pas été trop rapide sur l’affaire Anelka ?
Non. Anelka aurait même dû être exclu plus vite. S’il a vraiment dit ces mots, il aurait même dû rentrer à pied. Je travaille dans une entreprise et si je parle comme ça à mon patron, je ne vais pas rester une demi-heure de plus. Maintenant, les joueurs vont aussi donner leurs versions des faits. Qu’ils s’expriment, cela ne me dérange pas du tout.