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Toulalan : « Tous responsables »

Jérémy Toulalan

Jérémy Toulalan - -

Le milieu de terrain des Bleus avoue une forme d’impuissance à expliquer l’échec. Il évoque simplement un manque de complicité sur le terrain et invite chacun à se regarder dans la glace.

Jérémy Toulalan, qu’est-ce qui ne fonctionne pas dans cette équipe ?
Quand on ne gagne pas, il y a des manques. Ces manques, ils proviennent de tout le monde. C’est collectif et pas individuel. D’autant qu’une compétition comme la Coupe du Monde se joue sur des détails.

Y a-t-il aussi un problème au niveau du sélectionneur par rapport à sa stratégie ou son coaching ?
On est un groupe. A partir de là, tout le monde a sa part de responsabilités.

Que vous a dit Raymond Domenech avant l’entraînement de cet après-midi ?
Il nous reste une chance. C’est ce qu’on s’est dit aussi entre nous après le match. On sait qu’elle est infime. Mais on se doit d’y croire par rapport à nos supporters et aussi à nous-mêmes. On a une certaine fierté. On se doit de gagner ce dernier match. Il nous faut marquer beaucoup de buts pour espérer passer. Mais cela ne dépend pas de nous.

Chaque joueur a-t-il individuellement donné son maximum face au Mexique ?
Je l’espère. On n’a pas dû faire assez vu le résultat. On peut toujours faire mieux, moi le premier. Chacun individuellement doit faire son autocritique. Ce n’est pas moi qui vais la faire à chacun. Si chacun est honnête, il sait ce qu’il a fait ou pas fait. C’est collectivement que l’on doit s’en sortir. Il nous faut aussi un peu plus de complicité sur le terrain. C’est ce qui nous manque.

« Il nous reste une petite chance »

Votre équipe n’a-t-elle pas souffert d’un excès de confiance ?
On est obligés d’être positif, sinon il faut arrêter. J’ai beau être déçu et ne pas jouer le prochain match, j’y crois encore. Même si c’est dur d’y croire. On ne s’est jamais caché les choses. On n’a jamais dit qu’on était très bons, offensivement par exemple.

Avez-vous conscience d’être la risée de la France ?
Cela fait partie du métier. J’ai vécu l’Euro 2008. Là, je vis la Coupe du Monde. Ce n’est pas facile à vivre. On en est conscients. On est déçus pour nos supporters. On ne peut pas dire que l’on est content de nous.

Si on vous dit qu’il existe un complot anti-Gourcuff dans cette équipe, qu’en pensez-vous ?
Je n’ai pas fait plus de passes à Yoann qu’à d’autres parce que je m’entends bien avec lui. Quand vous dites ça, moi, j’aimerais savoir les personnes qui vous disent qu’ils ne l’aiment pas ou qu’ils ne veulent pas jouer avec lui. Pour moi, c’est un faux problème. Dans une équipe, on n’est pas toujours les meilleurs amis du monde. Mais sur le terrain, je n’ai jamais été dans l’idée de ne pas donner le ballon à quelqu’un parce que je ne l’aime pas ou que je ne mange pas avec lui.

Pourquoi l’équipe de France n’a pas progressé depuis le dernier Euro ?
Je n’ai pas de réponse. Sur le terrain, on n’a pas su la trouver. On a réussi à chaque fois à se qualifier pour l’Euro ou la Coupe du Monde. Mais pour une nation comme la France, il faut aller plus loin.

Qu’est-ce qu’il faudra changer à l’avenir dans cette équipe pour éviter de nouveaux fiascos ?
Déjà, rien n’est encore fini. Il nous reste une petite chance. Pour le reste, il faudra le demander au nouveau sélectionneur.

Propos recueillis par Marc Benoist à Knysna