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Abidal : « Sans le Mondial, j’aurais tiré un trait sur les Bleus »

Eric Abidal

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EXCLU RMC SPORT. Invité de Luis Attaque, Eric Abidal assure que malgré des performances pas toujours abouties avec Monaco, il se sent capable de jouer un rôle important pendant le Mondial. Avant de sans doute mettre fin à son aventure chez les Bleus.

Eric, pensez-vous déjà à la Coupe du monde ?

J’essaye déjà d’être bien avec mon club, de retrouver la confiance que j’avais en début de saison. Ça passe par de bons résultats. Bien sûr que j’y pense mais il ne faut surtout pas anticiper les choses et avoir une bonne préparation. J’espère pouvoir bien finir et être appelé dans le groupe des 23.

Avec la Suisse, l'Equateur et le Honduras, les Bleus partent favoris de leur groupe...

Quand tu regardes le nom des équipes, tu te dis que c’est jouable, mais les matches ne sont pas joués avant. Il y aura quand même des difficultés, même si on sait qu’en jouant à notre meilleur niveau, on doit logiquement sortir du groupe. On se doit de bien commencer la compétition. Les Bleus n’ont jamais bien commencé donc il faut essayer de changer la donne pour être en confiance dès le début. A nous de hausser le niveau de jeu, comme on a su le faire contre l’Ukraine.

Sans la perspective de disputer cette Coupe du monde, auriez-vous arrêté votre carrière l'été dernier ?

Certainement, notamment à cause de mon âge (34 ans). Après Barcelone, j’ai eu la chance de retrouver un club, ce qui m’a permis d’être encore compétiteur et compétitif. Sans le Mondial, j’aurais tiré un trait sur les Bleus.

Prendrez-vous votre retraite internationale après la Coupe du monde ?

Ce serait bien de pouvoir y aller et de finir en beauté. Je vais avoir 35 ans, il y a de la relève, donc il faut être assez courageux et intelligent pour laisser la place aux jeunes. Quand je suis arrivé, j’étais très content de jouer, donc il faut pouvoir faire confiance aux jeunes et laisser sa place. Ma décision n’est pas tout à fait prise, ça va passer par un discours avec le sélectionneur (Didier Deschamps). Il peut se passer énormément de choses. Le foot reste encore ma passion. Si je fais un gros Mondial et que j’ai encore les jambes, peut-être que je continuerai mais aujourd’hui, c’est trop tôt pour le dire.

Jusqu'où cette équipe de France peut-elle aller ?

J’ai entendu dire que l’objectif des Bleus était d’atteindre les quarts de finale. Pour moi, ce n’est pas un objectif. L’objectif c’est toujours de gagner le trophée. Si tu arrives en quarts et que tu as les moyens d’aller plus loin, il ne faut surtout pas s’en priver. Je crois que le groupe est capable de faire quelque chose de grand, comme on a pu le faire contre l’Ukraine. Il faut rêver. Les supporters attendent toujours plus de nous.

« Je suis certainement tombé dans la facilité »

Sur le plan personnel, comment jugez-vous votre première partie de saison ?

Pour être honnête, j’ai fait un bon début de saison. Après, j’ai eu un coup de moins bien, je suis certainement tombé dans la facilité, chose que je n’aurais pas dû faire. J’ai eu une discussion avec l’entraîneur (Claudio Ranieri). Il faut que je retrouve la sérénité que j’avais en début de saison. Ça va m’apporter, ça va apporter au collectif et pourquoi pas à l’équipe de France ?

Avez-vous été tenté de vous « gérer » ?

Non, je n’ai pas l’habitude de me gérer. Quand tu es euphorique, tout va bien. Mais ton corps tu ne le maîtrises pas, quand tu as un coup de fatigue c’est toujours difficile de travailler plus. J’ai la chance d’avoir un staff qui me connaît de mieux en mieux, qui sait quand me faire récupérer. Et puis j’ai la chance d’avoir à côté de moi un grand défenseur central (Ricardo Carvalho), ce qui me permet de me soulager de temps en temps. A moi de faire moins d’erreurs, moins de fautes.

Partez-vous à la Coupe du monde avec l'esprit d'avoir une place de titulaire ?

Participer à un Mondial sans jouer c’est compliqué, mais j’ai un très bon état d’esprit. Pour moi l’important c’est le groupe. Quand tu joues tu es très content, mais quand tu es sur le banc tu es content des prestations des autres. L’équipe de France, c’est une aventure de groupe. Il ne faut surtout pas l’oublier. Mais je me battrai comme je me suis toujours battu pour pouvoir être sur le terrain. Je ne suis pas un grincheux. L’aventure est collective, on aura besoin de tout le monde.

Franck Ribéry sera-t-il perturbé de ne pas avoir eu le Ballon d'Or ?

Franck est assez intelligent. Certainement qu’il méritait le Ballon d’Or mais il a assez de ressources pour passer au-dessus de ça et pour prouver à tout le monde qu’il a le niveau. Je ne doute pas de ses qualités. Il a démontré qu’il était important au Bayern et en équipe de France.

Yohan Cabaye prend-t-il un risque en signant au PSG à quelques mois de la Coupe du monde ?

Je ne pense pas. Il connaît très bien l’entraîneur. Laurent Blanc ne se trompe pas en prenant « Yo », un joueur qui a énormément de qualités. Il va apporter au PSG. Il a bien commencé l’année dans son ancien club (Newcastle) et je pense qu’il finira bien au PSG. Son objectif c’est de participer au Mondial et je n’ai aucun doute concernant son choix. Je lui ai laissé un message pour le féliciter. C’est sûr qu’avec la concurrence qu’il a à Paris, il faudra qu’il se batte un peu plus mais j’ai confiance en lui. Il a démontré que c’était un grand joueur et un travailleur, il ne faut pas douter.

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Luis Attaque