RMC Sport

Bachelot et les larmes d’Evra

-

- - -

Au lendemain de la « grève » mise en place par les Bleus pour protester contre l'exclusion de leur coéquipier Nicolas Anelka, la ministre de la Santé et des Sports, Roselyne Bachelot, s’est entretenue lundi avec les joueurs pour les mettre devant leurs responsabilités. Retour sur ces dernières 24 heures.

Des joueurs peu loquaces, un sélectionneur qui les évite

Les joueurs viennent de rejoindre leur hôtel à Bloemfontein en provenance de George, un hôtel ouvert également à d'autres clients. Alors que Raymond Domenech est occupé avec les journalistes en conférence de presse au stade, les joueurs, eux, gagnent leurs chambres dans une ambiance, selon plusieurs témoins, assez tendue et surtout très silencieuse. Les mots sont rares même si l'on peut tout de même apercevoir Yoann Gourcuff et Jérémy Toulalan en train d'échanger de façon complice.
La ministre de la Santé et des Sports, Roselyne Bachelot, elle, est déjà à l'hôtel mais n'a toujours pas croisé la délégation tricolore. Peu avant 19h30, Domenech retrouve l'hôtel accompagné de François Manardo, l'attaché de presse. Le sélectionneur file dans un des couloirs, le visage fermé. Il ne croisera pas une seule fois ses joueurs durant toute la soirée, à l'exception des réunions avec Roselyne Bachelot.

Les larmes d'Evra, et toujours la désinvolture de Gallas

La première réunion, justement, a lieu quelques minutes après le retour du sélectionneur. Roselyne Bachelot convoque dans un premier temps Jean-Pierre Escalettes, le président de la FFF, Raymond Domenech et le capitaine Patrice Evra. Tous les quatre sont réunis dans une pièce à part. Peu de temps après, le reste du groupe les rejoint, et l'on sent chez certains une crainte, une appréhension, la peur "de se faire taper dessus" par la ministre. Tout le monde est enfermé. Bachelot démarre son discours, met les joueurs devant leurs responsabilités : « Rien ne sera comme avant. C'est un désastre moral. Ce match, il ne faut pas le jouer avec les jambes, il faut le jouer avec le coeur, avec l'âme. »
Toujours selon des témoins de la scène, certains sont émus, commencent ou continuent à comprendre ce qu'ils ont fait la veille en boycottant l'entraînement. Le capitaine Patrice Evra pleure... Fin de la réunion. La porte s'ouvre et Evra, larmes sur les joues, est consolé par Henry et Ribéry qui lui adressent une tape dans le dos.
Pour le reste du groupe, à part Gallas qui ne semble toujours pas concerné en conservant son air désinvolte de la veille, le message semble être passé. Quelques instants plus tard, Bachelot et Domenech sortent de la salle de réunion en discutant et le sélectionneur a le sourire, peut-être content d'avoir assisté à ce qui ressemble à une prise de conscience des joueurs. Il s'installe à une table avec la ministre et le président pendant que les joueurs partent dîner dans leur coin avant de remonter plus tard, pour la plupart, dans leurs chambres. D'autres resteront quelques instants devant la télé à regarder le match du soir mais personne ne s'éternisera... L’équipe de France dispute ce mardi (16h00) un match décisif face à l’Afrique du Sud.

FL – JR – MB