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Blanc, avocat de la défense

Adil Rami et Philippe Mexès

Adil Rami et Philippe Mexès - -

Conscient des lacunes de sa défense, Laurent Blanc a tenu à apporter un soutien de poids à son arrière-garde. Et pas question de bouleverser sa charnière à trois jours du début de l’Euro contre l’Angleterre (11 juin).

Laurent Blanc connait trop bien le poste pour ne pas rester insensible aux prestations de sa défense, et plus particulièrement de sa charnière. Soucieux d’évacuer le problème, le sélectionneur de Bleus avait rapidement pointé les lacunes de son arrière garde dans la foulée de la victoire contre l’Estonie au Mans (4-0). Une critique ouverte qui n’a visiblement pas dissipé la crainte des observateurs. Ce jeudi matin en conférence de presse, la forme actuelle de Philippe Mexès et d’Adil Rami était une nouvelle fois au centre de toutes les attentions.

Dans la position de la partie civile, les journalistes. Dans celle de l’avocat, Laurent Blanc. « Il ne faut pas tout remettre en cause, explique ce dernier. Il y a quelque temps, quand on faisait les qualifications, on se disait : ‘’On n’a pas Rami et Mexès. Avec eux, on serait plus costauds’’. La confiance, c’est de ne pas remettre chaque joueur en cause à chaque match. Si on remet tout en cause à chaque match, on change tout le temps son équipe. Comment voulez-vous avoir une cohésion ? »

Associés à douze reprises, Rami (20 sélections) et Mexès (26 sélections) forment la paire la plus utilisée par leur entraîneur. Et ce n’est pas maintenant que l’homme aux 97 sélections lâchera ses hommes. « Je suis le premier à leur dire ce que je pense. D’autant que j’ai un peu d’expérience en défense, et plus particulièrement en défense centrale, poursuit le technicien. Je pense aussi que derrière, on veut participer à la fête, comme on dit. On se complique un peu la tâche, peut-être pour obtenir une meilleure note de votre part (les journalistes, ndlr). »

Blanc : « Mexès ? Il y a plus gras que lui ! »

L’équipe de France dans son ensemble avait été fustigée par Blanc pour son inconstance et son manque de concentration lors des matchs de préparation. Rami n’était d’ailleurs pas exempt de tout reproche. De son côté, Mexès, longtemps blessé cette saison, inquiète sur son état de forme. Et quid de son poids que certains jugent excessif ? « Contrairement à ce qu’on pense, il a 10% de masse graisseuse, s’agace Blanc. On le surveille, mais je peux vous dire que dans le groupe, il y a des gens plus gras que lui. Surtout, on l’a beaucoup fait jouer et travailler. Il a peut-être eu du mal à encaisser. On fait bien entendu attention à son poids, mais s’il récupère bien, il peut retrouver son niveau. Sans problème.

En tout cas, ce n’est pas du côté du guide officiel des Bleus qu’on trouvera un indice puisque la fiche du Milanais est la seule où le poids ne figure pas. « Je ne suis pas inquiet. Je sais de quoi il est capable, confie son ancien coéquipier à la Roma (2008-2011), Jérémy Ménez. Ce n’était que des matchs amicaux. On voit les grands joueurs sur le terrain. Il a hâte que la compétition commence. Tout simplement. »

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Platini suscite un malaise|||

Michel Platini n’est pas du genre à mâcher ses mots. Interrogé mercredi sur les chances de voir briller l’équipe de France à l’Euro, le président de l’UEFA avait lancé avec l’ironie qui le caractérise : « Elle a trouvé un style de jeu, de bons attaquants. Elle est en train de se perfectionner. C’est une équipe qu’il va falloir surveiller… si les joueurs descendent du bus ! » Une allusion directe au malaise de Knysna et à la fronde des coéquipiers de Nicolas Anelka en Afrique du sud. Alors, quand les joueurs sont interrogés sur le sujet, on scrute avec attention leur réaction. « Tu crois que j’ai envie de répondre à cette question. Je n’ai pas envie de répondre à cette question », balance Franck Ribéry. Plus diplomate, mais tout aussi taiseux, Mathieu Valbuena enchaîne : « On n’aurait pas dû la faire cette dernière question. » Et le Marseillais de se lever et d’ajouter à l’assemblée : « Bon, ben on l'a fait pas. » On n’en saura pas plus.

Pierrick Taisne avec J.S, à Donetsk