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Blanc creuse son sillon

Laurent Blanc

Laurent Blanc - -

Comme il l'avait dit, le sélectionneur des Bleus a reconduit la majorité des vainqueurs en Bosnie (2-0) en vue de la double confrontation face à la Roumanie et au Luxembourg, les 9 et 12 octobre prochains. Toulalan disparaît, Payet fait son apparition, Nasri revient.

Les mois passent, mais les conférences de presse ne sont toujours pas la tasse de thé de Laurent Blanc. Tendu, le sélectionneur a écorché quelques noms en égrenant sa liste avant… d’en oublier carrément certains, comme Samir Nasri, dont le retour était pourtant attendu... et officialisé quelques secondes plus tard. « Ce sont les lunettes, elles me font voir double », s’amuse-t-il.

Heureusement, le patron des Bleus se montre bien plus convaincant quand il parle des principes qui ont conduit à la troisième sélection de son ère. L’idée-force, c’est « la construction d’un noyau de joueurs incontestables en club comme en sélection ». Les douze vainqueurs de la Bosnie à Sarajevo (2-0) ont été reconduits, de même que la plupart des remplaçants ce soir-là. Les (rares) victimes se nomment Jérémy Menez ou Anthony Réveillère. « Ce sont des choix, vous en auriez peut-être fait d’autres à ma place », tranche l’ancien coach des Girondins.

De la nouveauté ? Une seule en fait, mais elle est de taille : Dimitri Payet, le lutin stéphanois, 23 ans, meilleur buteur de L1 (7 réalisations) et intenable depuis le début de la saison avec les Verts. « Il est en train de traverser une bonne période, explique le sélectionneur. Il confirme le talent qu’on lui prêtait depuis plusieurs saisons. Son club est dans une bonne dynamique, c’est le moment que j’ai choisi pour l’intégrer ». Pour les autres, on parlera plutôt de réintégration.

S’il titille Benzema, c’est parce qu’il « l’aime »

C’est le cas d’un des passagers du bus de Knysna, Yoann Gourcuff, qui a purgé ses deux matchs de suspension. Pas évident au vu de son été d’abord agité (transfert de Bordeaux à Lyon) puis décevant (prestations en demi-teinte sous son nouveau maillot), mais comme le dit Blanc, « il a la chance que je le connaisse beaucoup plus que d’autres et que je sache ce dont il est capable ». Le champion du monde 98 l’a eu sous ses ordres à Bordeaux entre 2008 et 2010. Et pour ces deux matchs « où il faudra faire du jeu et marquer le maximum de points », l’apport de Gourcuff peut être capital.

Tout comme celui de Samir Nasri ? Présent en Norvège (défaite 2-1 en amical au mois d’août), blessé ensuite, le stratège d’Arsenal pourrait être aligné en milieu de terrain samedi prochain aux côtés du Lyonnais, en l’absence de Ribéry (blessé) et de Ben Arfa (non retenu). « C’est intéressant de compter sur des joueurs qui peuvent bonifier le jeu collectif de l’équipe », estime le sélectionneur.

Pour le reste, confiance maintenue à la charnière Rami-Mexès et à Benzema en attaque malgré leurs difficultés en club. « C’est le joueur qui est le plus buteur dans l’équipe », explique Blanc de Benzema. Mais alors pourquoi titiller l’attaquant du Real aussi fréquemment ? « Parce que je l’aime ! » Un cri du cœur qu’il n’aura pas pour Toulalan et Abidal, anciens cadres aux abonnés absents. « Personne n’est banni », assure pourtant le technicien. On ne jurerait pas que cela suffise à rassurer les principaux intéressés…

J.-F. P. avec Samuel Ollivier