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Bleus : Et si une équipe était née…

La joie des Bleus

La joie des Bleus - -

La rage de vaincre et l’immense bonheur des Bleus à l’issue de leur qualification pour le Mondial 2014 laissent penser à la Dream Team RMC Sport qu’une équipe est née, mardi, sur la pelouse du Stade de France. Enfin presque.

Des drapeaux bleu-blanc-rouge agités dans tous les sens. 80 000 personnes debout, bravant la pluie et le froid, hurlant à gorge déployée et sans discontinuer le même chant : « Allez les Bleus ». Des joueurs, pardon des guerriers transfigurés, non pas par le goût du sang mais par le goût du but. De la victoire. Et d’une communion, enfin, à partager et à retrouver, surtout avec leur public, qu’ils n’ont pas hésité à aller saluer, malgré les grillages, en fin de match. Et à partager avec eux une Marseillaise au ton vibrant. Mardi soir, pour peu, on se serait cru le 12 juillet 1998, quand l’équipe de France est devenue championne du monde et qu’elle a embrasé le pays tout entier.

« Je vais quelque fois au Stade de France, raconte Eric Di Meco. Je n’avais jamais vu ça. Les gens ont commencé à chanter la Marseillaise avant le match. Il y avait vraiment des ondes positives. » Des ondes annonciatrices de la belle soirée que le football français allait connaitre, en arrachant son billet pour la prochaine Coupe du monde au nez et à la barbe de l’Ukraine. Les Bleus ont réussi l’impossible, renverser un barrage perdu à l’aller 2-0, ce que jamais personne n’avait réussi à faire avant ce 19 novembre 2013. Et si, au travers des images de joie relayées partout dans l’Hexagone, une équipe était née dans la froideur de Saint-Denis. Après tout, on dit souvent que ce sont dans les moments difficiles que les hommes et les attitudes se révèlent. Idée largement approuvée par Grégory Coupet.

Di Meco : « Sur le plan tactique, oui »

« Tu ne ressors pas d’une telle soirée sans n’avoir rien appris, affirme le consultant RMC Sport. Pour moi, il s’est passé quelque chose. Et ce n’est pas anodin. Avec une grande désillusion au match aller et un bonheur immense au retour, cela doit fédérer un groupe. Jusqu’à présent, on avait peut-être des joueurs qui s’estimaient fort individuellement mais on ne ressentait pas cette force collective. Le doute subsiste toujours, mais on a gagné du terrain et les joueurs aussi car ils savent désormais qu’ils peuvent faire de grandes choses ensemble ». Eric Di Meco, lui, est un petit peu plus nuancé. S’il concède un état d’esprit conquérant et inédit de la part des Bleus, il demande à voir dans le temps. « Il s’est passé quelque chose, c’est certain, concède-t-il. Mais tout cela est fragile malgré tout. »

En revanche, ce qui ne l’est pas à ses yeux, c’est le noyau dur sur lequel Didier Deschamps doit désormais s’appuyer. « Sur le plan tactique, oui, une équipe est née. Je pense au garçon qui a éclaboussé le match hier soir (mardi) : Yohan Cabaye. Je ne l’aurai pas mis à ce poste-là mais il a permis à des joueurs comme Matuidi et Pogba de jouer à leur vrai poste. C’est une trouvaille qu’il va falloir garder. Quant à Mathieu Valbuena, qui a toujours été bon en équipe de France, il est interdit de le sortir. Si on avait eu ce onze-là au match aller, on n’aurait pas souffert comme ça pendant quatre jours. » Sur que le sélectionneur saura en tenir compte. Maintenant que le voyage à Rio est assuré, charge à lui de préserver ce qui est visiblement né ce 19 novembre 2013… Et de le faire encore grandir.

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A.D