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Cabaye : « Les responsabilités, je les prends »

Yohan Cabaye

Yohan Cabaye - -

EXCLU RMC SPORT - Yohan Cabaye va retrouver l’équipe de France pour affronter l’Australie et la Finlande. Lui qui n’avait pas été appelé depuis le début de la saison savoure, espérant assumer un rôle de leader chez les Bleus.

Yohan Cabaye, qu'est-ce que cela vous fait de retrouver l'équipe de France, vous qui n'aviez pas été appelé pour les trois premiers matches de la saison ?

Ça m’a manqué. Ce n’est pas facile de rester à la maison quand on voit l’équipe nationale jouer alors qu’on peut espérer y être. J’étais écarté pour diverses raisons, surtout parce que je ne jouais pas avec mon club. C’était long (dernière sélection face au Brésil, le 9 juin, ndlr). Ça m’a donné plus de hargne et de motivation pour pouvoir me donner encore, faire de bons matches, et pouvoir revenir le plus rapidement possible. Je suis là aujourd’hui, et je suis très content.

Comment vous sentez-vous ?

Je me sens très bien, mentalement et physiquement.

Vous vous apprêtez à rencontrer l'Australie en amical puis la Finlande en qualification. Deux matches sans enjeu, vu que vous êtes quasiment promis aux barrages. Qu'attendez-vous de ces rencontres ?

Ça nous donne du temps pour travailler tous ensemble. C’est important pour créer certains automatismes de groupe. Il n’y a pas trop d’enjeu, c’est vrai, mais ça reste deux matches internationaux. On va jouer pour gagner, c’est important, et il y a aussi des enjeux personnels. Il va falloir bien négocier ces dix jours, et tout mettre en œuvre pour faire deux bons matches, et espérer avoir un statut de tête de série si on finit en barrage.

Quelles sont les forces et les faiblesses de cette équipe de France selon vous ?

On est une très bonne équipe, avec de très bonnes individualités. Mais il faut les mettre beaucoup plus au service du collectif. Il faut qu’on tire tous dans le même sens. Contre l’Australie, en amical, j’espère qu’on va pouvoir jouer libérés pour créer de bonnes choses. En tout cas, on a du potentiel. L’équipe est jeune, avec beaucoup de joueurs qui ont peu de sélections. C’est important de développer la cohésion sur le terrain, et que l’on arrive à se servir des qualités individuelles de certains tout en jouant en équipe pour faire de bonnes choses collectivement.

Sauf improbable retournement, vous allez disputer les barrages. Que ressentez-vous par rapport à ces deux matches qui pourraient être les plus importants de votre saison ?

C’est sûr qu’ils seront extrêmement importants, pour nous, et pour le football français. Mais on a deux matches à négocier avant. Pour pouvoir être bien mentalement au mois de novembre, il faut bien les préparer. Jouer pour les gagner. Ensuite, on attendra de voir contre qui on va jouer.

Ne craignez-vous pas la pression que peut engendrer ces matches couperets ?

On joue notre futur été et l’avenir du pays sur deux matches. Ça peut être cruel, comme ça peut être magnifique. Il va falloir bien travailler. On va vivre avec la pression, mais il faut qu’elle soit positive. C’est elle qui va nous transcender pour pouvoir nous qualifier, c’est notre objectif prioritaire à tous. Il ne faut surtout pas qu’elle nous inhibe et nous restreigne dans nos qualités.

Préféreriez-vous affronter une « petite équipe » et garder un statut de favori, ou rencontrer une grosse nation, comme le Portugal, qui risque moins de fermer le jeu ?

Quel que soit l’adversaire, le barrage ne sera pas facile du tout. Il va falloir tout donner. Avec une bonne mentalité et une bonne approche des matches et de la détermination, on peut réaliser de bonnes choses contre les grandes nations.

Didier Deschamps a évoqué un manque de leaders en équipe de France. Vous sentez-vous capable d'assumer ce rôle ?

Quand on me donne des responsabilités, je les prends avec plaisir. Encore plus en équipe de France. C’est un immense honneur d’être là. Ça fait deux ans que je suis appelé, et je travaille tous les jours pour y rester. Moi j’aime être sur le terrain, tout le temps. Et que mon équipe possède le ballon. Ma dernière saison à Lille, mon objectif à chaque match était de toucher plus de 100 ballons, ou du moins de m’en rapprocher et de faire jouer mes coéquipiers. Si je peux faire ça ici, je ne vais pas m’en priver, et je vais travailler pour le faire, pour être bien physiquement, techniquement et mentalement.

Comment imaginez-vous endosser ce statut de leader ?

Il faut prendre certaines responsabilités sur le terrain. Etre irréprochable en dehors. Montrer l’exemple, prendre la parole. Je vais sur mes 28 ans, j’ai une petite expérience derrière moi, ça ne m’embêterait pas de parler et dialoguer avec les coéquipiers sur le terrain. Même si à l’extérieur, je suis assez réservé, assez calme. Ce qui est sûr, c’est que je me sens capable de faire de bonnes choses et d’aider l’équipe. Je suis là pour jouer. C’est mon objectif, débuter tous les matches. Il y a un sélectionneur qui décidera, mais mentalement je suis prêt et armé pour aller chercher ma place quoi qu’il arrive. J’ai confiance en moi et en mes capacités.

Avez-vous le sentiment de vivre cette saison un vrai cap dans votre carrière ?

Oui, c’est sûr. Il va falloir faire une très bonne saison avec mon club, essayer d’avoir les meilleurs résultats possibles et au final être dans les 23 pour la Coupe du monde si on se qualifie. Je me suis bien préparé tout cet été pour être prêt cette saison, et je continue à bosser. Les mois d’août et septembre où je n’ai pas été appelé m’ont donné de la force supplémentaire pour pouvoir revenir très rapidement. Maintenant, je veux rester en Bleu le plus longtemps possible.

Loïc Rémy, votre coéquipier à Newcastle, retrouve lui aussi l'équipe de France. Pensez-vous qu'il puisse bousculer la hiérarchie en attaque ?

En tout cas, à Newcastle, il devient un joueur important pour l’équipe. Il est rapide, puissant, bon finisseur, il va nous aider à gagner des matches.

Pensez-vous que Franck Ribéry mérite le Ballon d'Or ?

C’est une question très difficile. Avec Franck, on a des amis communs assez proches et on en parle beaucoup. Avec la saison qu’il fait, tous les trophées qu’il a remportés, il mérite, c’est sûr. Même si pour moi, Lionel Messi est au-dessus de tout le monde.

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Propos recueillis par Mohamed Bouhafsi