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Comment les Espoirs ont préparé leur coup

Les Bleuets ont mis tous les atouts de leur côté.

Les Bleuets ont mis tous les atouts de leur côté. - AFP

INFO RMC SPORT. Pour ne pas rater la dernière marche synonyme de qualification pour l’Euro Espoirs 2015 et ne pas dilapider l’avantage acquis lors du match aller face à la Suède (2-0), les Bleuets n’ont négligé aucun détail à l’approcher du match retour.

Des joueurs sous pression

Tout d’abord, il y a eu les mots de Pierre Mankovski. Juste après la victoire à l’aller contre la Suède (2-0), le sélectionneur adresse un long discours à ses joueurs. « Pour l’instant, vous n’avez encore rien fait. La mission n’est pas accomplie. Gardez votre joie pour mardi prochain », répète le technicien français. Depuis cette première manche victorieuse, Mankovski garde ses joueurs sous pression. Et accorde quelques tête-à-tête si nécessaire, comme avec Corentin Tolisso et Dimitri Foulquier, deux joueurs qui devraient faire leur retour dans le groupe.

Selon un membre du staff, le groupe « aborde ce match retour dans la plus grande sérénité. C’est impressionnant, presque étonnant. C’est là où on voit la maturité de ce groupe. Ils ont déjà joué des matches de Ligue des champions comme Umtiti, Thauvin ou Kondogbia, ils sont déjà rodés. C’est un grand bien pour l’équipe de France. »

Une dernière causerie pour la forme

Une ultime causerie est prévue en fin d’après-midi par Pierre Mankovski. Le sélectionneur devrait insister sur le rêve, la volonté de jouer ce championnat d’Europe plutôt qu’évoquer un éventuel faux pas. Mais pour les joueurs, cette causerie ne devrait pas forcement changer grand-chose comme le confie l’un des Espoirs. « On sait tous ce que l’on a à faire. On est à 90 minutes d’un championnat d’Europe. C’est l’aboutissement pour une génération. Une compétition unique que tu partages entre coéquipiers et potes, un évènement à ne pas rater. Ce serait ne pas être professionnel d’avoir besoin d’une motivation supplémentaire pour ça. »

Le président de la Fédération Française de Football, Noël Le Graët, lâche lui aussi quelques mots à certains. Il recadre, veut éviter que les joueurs se voient déjà à l’Euro. Le patron de la 3F ne veut pas trop en faire sur la pression qui règne autour de ce match retour. Il explique quand même à certains et surtout au staff, que les Espoirs français doivent s’inscrire dans la lignée des A, et continuer à redorer le blason des sélections tricolores. Autre signe fort : Le Graët a décidé de faire le voyage en Suède, plutôt qu’en Arménie avec les Bleus. Il sait que le vrai enjeu de la journée pour le football français situe dans le nord de l’Europe.

Umtiti fait passer le message

En bon capitaine, Samuel Umtiti a pris le relais de Mankowski et Le Graët. Durant tout le week-end, le Lyonnais a communiqué avec ses coéquipiers. Un entrainement a même été reporté, les joueurs préférant se parler, jouer à la console entre eux. Histoire de décompresser. Et de favoriser la bonne ambiance. D’autres cadres dans le vestiaire ont pris la parole. Avec des mots clairs et tranchants, selon un membre de l’équipe de France. « La France n’a pas disputé d’Euro depuis 8 ans. On ne doit plus écouter nos proches. Oubliez aussi nos deux buts d’avance. Nous sommes seuls, maîtres de notre destin. »

Depuis plusieurs mois voire même depuis la Coupe du monde des moins de 20 ans en Turquie l’an passé, un groupe est né. Un groupe qui préfère jouer l’union sacrée, quitte à se renfermer sur lui-même. Le signe évident et apparent d’une équipe qui ne veut pas sortir de son match. Et rater la dernière marche, comme de trop nombreuses fois par le passé.

Mohamed Bouhafsi à Halmstad (Suède) avec GM