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Del Bosque : « Nous sommes inquiets »

Vincente Del Bosque

Vincente Del Bosque - -

Vicente Del Bosque était l’invité exceptionnel de Luis Attaque. A 6 jours du choc au sommet du groupe I entre la France et l’Espagne (21h, mardi 26 au Stade de France), le sélectionneur de la Roja ne cache pas sa crainte d’affronter les Bleus.

Dans quel état d’esprit êtes-vous avant de recevoir la Finlande puis de vous déplacer en France ?

Nous sommes inquiets parce que nous avons deux matchs décisifs à jouer. Nous sommes à fond dedans !

Didier Deschamps ne cesse de répéter que le danger, c’est de se projeter trop tôt sur l’Espagne et donc de négliger le match précédent. Partagez-vous son avis ?

Tout à fait d’accord parce que d’un point de vue chronologique, il y a un match de prévu avant d’affronter la France. L’objectif des deux sélections, c’est d’arriver avec le même nombre de points à cette rencontre décisive à Paris.

L’Espagne a déjà affronté la Géorgie. La France, pas encore. Cette équipe est-elle difficile à jouer ?

Cela avait été vraiment dur pour nous. Ils avaient mis dix joueurs derrière, ils ne laissent aucun espace et étaient tous derrières le ballon. Cela avait très dur de s’imposer là-bas. Nous avions beaucoup souffert et nous avions dû attendre les dernières minutes pour pouvoir nous imposer là-bas et ramener les trois points

Sur le papier, l’Espagne dispose d’individualités supérieures à celles de l’équipe de France…

Didier Deschamps a de très bons joueurs ! Ce sont des joueurs qui sont aussi bons que les nôtres puisqu’ils l’ont montré lors de la deuxième période lors de la rencontre Espagne-France (le 16 octobre dernier). Je peux même dire que à certains moment, ils ont été meilleurs que nous.

L’Espagne est tout de même assurée de terminer 1ère du groupe I…

Bien sûr que non ! Nous sommes les premiers à avoir confiance en nos joueurs mais nous gardons un immense respect pour l’équipe de France et pour tous nos adversaires.

Comment voyez-vous ce match que certains qualifient déjà de finale du groupe I ?

Je crains cette rencontre. J’ai beaucoup de respect pour les Français et aujourd’hui, la différence entre les deux équipes n’est plus aussi importante. Il y a de grands joueurs en équipe de France, aussi bons que les nôtres et c’est évident que les Français, chez eux au Stade de France, leur motivation pour jouer contre nous, sera au top. En plus, on sait comment sont les Français : ce sont des gens fiers, des patriotes et il est évident qu’ils vont tout faire pour nous battre.

Quels souvenirs gardez-vous du match aller ?

En deuxième période, ils avaient été supérieurs. L’entrée de Valbuena avait beaucoup apporté. Nous avions commis des erreurs parce qu’à aucun moment, nous n’avions contrôlé le match. Défensivement non plus, nous n’avions pas été performants. On peut dire que le match nul de la France est mérité même si nous avons eu la possibilité de mener 2 à 0. C’est regrettable que Fabregas ait manqué son penalty.

Depuis ce fameux match nul face à la France, vous êtes bien repartis contre l’Arabie Saoudite et Porto Rico. La France, elle, a gagné en Italie et a quand même été battu par l’Allemagne…

Ce qu’il faut, c’est regarder le classement. Comme nous, la France a gagné ses deux matches. Nous sommes pour l’instant exactement au même niveau. Il est évident que cette rencontre contre l’équipe de France sera la rencontre décisive pour la qualification.

Quel sera la clé de ce match ?

Je ne sais pas comment va se dérouler ce match. Notre objectif, c’est d’avoir l’initiative du jeu, d’avoir la possession de balle et de ne pas nous laisser dominer par la France. Cela va être très compliqué et nous en sommes conscients.

Si jamais l’Espagne perdait en France, cela écarterait-il votre sélection de la qualification directe pour le Mondial 2014 ?

Il restera quand même encore trois matches après ! Il ne faut pas oublier qu’il y aura des rivaux difficiles comme la Biélorussie, la Finlande ou la Géorgie. Ces équipes ont, elles aussi, leur mot à dire. Je pense que le plus intelligent, c’est d’être patient, d’avancer match après match et journée après journée.

En 2010, l’Espagne avait gagné au Stade de France (2-0). Cela peut-il vous donner confiance ?

Nous voulons voir que nous avons le même niveau que la France. En 2010, ce n’était pas le même contexte, c’était un match amical, il n’y avait pas d’enjeu. Là, c’est différent, c’est les trois points qui sont en jeu et c’est quasiment la qualification directe qui va se jouer face aux Bleus.