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Deschamps : « L’Espagne reste la meilleure équipe au monde »

Didier Deschamps

Didier Deschamps - -

Invité exceptionnel de Luis Attaque sur RMC ce mercredi, le sélectionneur tricolore n’a évité aucun sujet : matches qualificatifs pour la Coupe du monde face à la Géorgie puis l’Espagne, passion pour sa mission, soucis offensifs...

Didier Deschamps, après sept matches à la tête des Bleus (3 victoires, 2 nuls, 2 défaites), quel premier bilan tirez-vous ? On a l’impression que vos Bleus ont plus de mal en amical qu’en compétition…

Il faut déjà faire un bilan ? (Rires.) Ce n’est pas qu’on est un peu moins bien en amical. Il y a aussi l’adversité… En amical, on a joué l’Uruguay, le Japon, l’Italie et l’Allemagne. C’est quand même du gros calibre. Après, on a un objectif bien précis : se qualifier pour la Coupe du monde. Les matches les plus importants restent ceux où il y a des points en jeu.

Vous répétez que dans les deux matches à venir, celui face à la Géorgie est essentiel…

Le public et la presse attacheront plus d’importance à l’Espagne. Mais pour nous, l’essentiel est de battre la Géorgie. Cela paraît normal, peut-être même facile, mais il y a une équipe de qualité en face. Face aux Espagnols, ils ont adopté un système en 6-3-1, voire en 6-4-0 par moments. L’Espagne a eu très peu d’occasions et n’a marqué qu’à la 86e. Je ne dis pas que ce sera plus dur que contre l’Espagne. Mais se mettre dans la meilleure situation possible passe par une victoire. Le match face à l’Espagne augmentera ou diminuera nos possibilités de se qualifier directement. Mais il y aura encore neuf points à distribuer derrière et il faudra faire le plein.

L’équipe de France a manqué de réalisme offensif ces derniers mois. Cela vous inquiète-t-il ?

J’ai des joueurs de qualité mais marquer des buts est la chose la plus difficile dans le foot. On a certainement des progrès à faire sur l’animation offensive. Mais cela ne se joue pas seulement sur les attaquants. Cela demande du temps, des automatismes. Il faut associer les qualités des uns et des autres. On doit faire en sorte d’avoir un meilleur prorata occasions-buts.

Le temps de jeu en club est-il essentiel dans votre esprit pour être sélectionné ?

Il faut un minimum. Des petites blessures peuvent arriver mais quelqu’un qui reste trois semaines sans jouer, ça devient compliqué.

Cela vous agace-t-il de voir certains ne pas être titulaires dans leurs clubs ?

A partir du moment où les joueurs sont dans un grand club, c’est déjà bien. Ça les confronte aux exigences quotidiennes du très haut niveau, ils sont dans l’obligation d’être performants tous les trois-quatre jours. Après, il y a de la concurrence, mais heureusement pour eux ils sont sur plusieurs tableaux. Tous les joueurs veulent disputer tous les matches mais parfois ce n’est pas plus mal car j’en ai certains qui jouent trop aussi.

Aimez-vous ce poste sélectionneur ?

Je me sens bien. Je vis ça très bien.

Mieux qu’avant ?

Ce n’est pas difficile… (Rires.) Non. J’étais très bien à l’OM mais c’est un autre rythme. Avec un club, tu es pris 24 heures sur 24. Là, je n’ai pas la gestion du quotidien. On me disait que le terrain allait me manquer. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. J’organise mon planning, je fais d’autres choses qui m’intéressent, même si la priorité reste toujours de voir des matches et les joueurs.

Comment voyez-vous votre avenir avec les Bleus ?

Se qualifier pour la Coupe du monde, c’est ma mission, l’objectif fixé. Je ne pense pas à la suite. Il faudra me reposer la question le jour où nous serons qualifiés…

L’équipe de France semble avoir retrouvé l’amour du public après sa belle seconde période en Espagne ?

Les gens devant la télé ont eu des émotions, ils ont vibré et ils attendent ça de nouveau. Je le sais… Il faut s’appuyer sur notre belle performance là-bas et maintenir ce niveau. Avant l’Espagne, il ne faut pas l’oublier, au mieux on allait perdre, au pire on prenait une rouste. Et d’un seul coup, parce qu’on a fait nul, on va gagner contre l’Espagne. On va jouer pour les battre, bien sûr. Mais ça reste la meilleure équipe du monde.

Luis Attaque