RMC Sport

Deschamps, la victoire est en lui

-

- - -

Habitué des grands rendez-vous et des matches couperets, comme joueur et comme entraîneur, le sélectionneur des Bleus sera un atout tricolore dans la gestion de la pression et de l’événement du barrage contre l’Ukraine.

Le score est déjà de 2-0 à la mi-temps. La France approche à grands pas de son rêve mondial. De retour au vestiaire, un Basque bondissant prend la parole. « Pas d’enflammade, s’il-vous-plaît les gars ! (…) On ne lâchera rien, hein ! Pas maintenant ! (…) On se met minable. On reste pas le cul derrière, on fait pas la muraille de Chine. La tête, les mecs ! Le premier quart d’heure, on y est, comme au départ ! » Rassurez-vous, cette tirade ne sort pas de l’imagination d’un plumitif refaisant le match Ukraine-France avant l’heure.

Tirée des Yeux dans les Bleus, elle émane d’un certain Didier Deschamps, le 12 juillet 1998. Celui qui est alors capitaine des Bleus montre combien le rôle de meneur d’hommes, l’âme de leader, s'inscrivent dans son ADN. 45 minutes plus tard, la France célébrait le seul et unique sacre planétaire de l'histoire de son football. A l’heure de la double confrontation contre l’Ukraine, ce vendredi puis mardi, cette scénette rappelle une évidence : pour passer l’obstacle des barrages qualificatifs au Mondial 2014, et la pression parfois inhibitrice qui va avec, l’équipe de France possède un atout non négligeable : l’expérience des grands rendez-vous, comme joueur puis comme coach, de son sélectionneur, l’homme qui a réussi partout où il est passé.

Fernandez : « Il réussit à chaque fois »

L’ami « DD », plus beau palmarès du ballon rond hexagonal, sait de quoi il parle au sujet des matches à enjeu : sur les plus grandes échéances (Coupe du monde, Euro, C1 et C3), le garçon affiche… huit finales au compteur (quatre victoires). Et l’on ne compte pas les différentes Coupes nationales, de la Ligue ou autres. « Sa carrière de joueur était exceptionnelle. Et dans celle d’entraîneur, il réussit à chaque fois, juge Luis Fernandez, membre de la Dream Team RMC Sport. On peut ne pas être d’accord avec ses méthodes mais les résultats sont là. Il a l’expérience, la faculté à analyser les choses. Il sent le jeu, il est bon tactiquement. Est-ce que ses équipes sont flamboyantes ? Peut-être pas. Mais elles cherchent à être efficaces et à gagner. C’est sa culture italienne. »

Avec son ancien coéquipier et sa bonne étoile à la barre, Eric Di Meco affiche la même confiance : « Didier a de la chance et c’est une qualité pour un entraîneur. Gagner en est également une et il a prouvé qu’il savait le faire. Sur ce genre de match, il faut aussi savoir dédramatiser l’enjeu et il a l’expérience pour ça. Il a entre les mains beaucoup de la réussite de l’équipe de France. » En vieux briscard de la gestion de pression, Deschamps a ainsi tenu à protéger ses joueurs cette semaine. Deux séances à huis clos à Clairefontaine, mardi et mercredi, avant une troisième loin des regards médiatiques à Kiev ce jeudi, veille du match aller.

« C’est pour avoir de la tranquillité, que les joueurs soient relâchés, confirme l’intéressé. C’est aussi la tête qui commande les jambes. » Et Rio Mavuba d’appuyer : « Se retrouver ensemble et rester entre nous peut créer ce petit plus ». Un « petit plus » qui se trouvera aussi sur le banc. A la question « Deschamps est-il l’homme clé des barrages ? », 67% des 575 internautes ayant voté sur rmcsport.fr (mercredi à 19h30) ont répondu oui. On ne remplace pas une expérience qui gagne.

A lire aussi :

>> Ukraine-France : Le onze-type de Luis Fernandez

>> Debuchy : "Il y aura du stress"

>> Ukraine-France : Deschamps tient son schéma

Alexandre Herbinet avec RMC Sport