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Djorkaeff : « Ce sera un miracle »

Youri Djorkaeff

Youri Djorkaeff - -

Très impressionné par l’agressivité des Ukrainiens vendredi à Kiev (2-0), le champion du monde 1998, Youri Djorkaeff juge très compliquée la mission qui attend les Bleus, mardi, en barrage retour pour le Mondial 2014 au Brésil.

Youri Djorkaeff, êtes-vous optimiste pour les Bleus ?

Optimiste, c’est un bien grand mot. Si l’équipe de France, après son match aller, passe et se qualifie pour la Coupe du monde, ce sera plutôt un miracle. Marquer trois à cette équipe-là, sur ce que j’ai vu à l’aller, ça va être très difficile. Dans le football, on sait que ça existe, on va donc garder une lueur d’espoir et se servir de cette petite flamme qui reste pour allumer un grand feu. J’espère que c’est ce qui va se passer mardi. Pour moi, ce match Ukraine-France est une référence. J’espère que beaucoup d’entraîneurs s’en serviront pour montrer comment il faut être agressif, comment on joue en groupe et comment on aborde une rencontre de ce calibre-là. Les Ukrainiens l’ont bien fait. Je voudrais qu’on prenne exemple sur cette équipe. Si on a la même détermination qu’eux, avec notre technicité, on pourra peut-être faire un miracle. Mais ça passe d’abord par un combat physique. Les Ukrainiens ont eu une envie physique de nous écraser. Et ils l’ont fait. A nous de faire la même chose.

La majorité des Français se fiche que l'équipe de France se qualifie ou non pour la Coupe du monde. Le regrettez-vous ?

(Hésitant) C’est une période très difficile et on va essayer de ne pas tout mélanger. Restons concentrés sur cette double confrontation. Après, on aura le temps…. J’ai entendu parler des révoltes, des remises en cause… Le plus important, c’est mardi. C’est le message que je vais dire aux joueurs parce qu’ils vont entendre des choses. Jusqu’à mardi, il faut vraiment qu’ils s’enferment, qu’ils regardent la vidéo et prennent exemple sur ce qui s’est passé vendredi. La France a manqué de détermination et je dirais même qu’on s’en sort bien. A la dernière minute, il y a eu un trois contre un devant Lloris. A 3-0, il n’y avait plus d’espoir. On va avoir une belle carte à jouer. J’espère qu’elle sera bien jouée…

Pourquoi y croire mardi ?

Vous avez tous joué au foot. On a tous vécu des retournements de situation. En 2000, nos amis italiens savent ce que ça veut dire (en finale de l’Euro, les Bleus avaient égalisé dans le temps additionnel avant de gagner grâce au but en or de Trezeguet, ndlr). Mais il ne faut pas vivre sur l’espérance. Il faut d’abord des actes et après seulement ce sera l’histoire. On croise les doigts parce qu’entre nous, une Coupe du monde au Brésil sans la France, ça ferait mal au cœur.

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Propos recueilis par Julien Landry