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Djorkaeff : « Je n’ai pas compris ce que Thuram foutait là… »

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8 juillet 1998. La France est menée 1-0 par la Croatie en demi-finale de la Coupe du monde. Coupable sur le but de Suker, Lilian Thuram entre alors en scène. Son coéquipier Youri Djorkaeff était aux premières loges. Il raconte.

« Sur le premier but, c’est moi qui lui fait la passe et je n’ai toujours pas compris ce qu’il foutait là. Vraiment ! Je suis à l’entrée de la surface, je reçois le ballon et là, d’un coup, je vois… (Il mime une fusée) Instinctivement je remets le ballon de l’extérieur mais je ne m’attendais à ce que ce soit Thuram qui le réceptionne. L’envie était là : c’est lui au départ de l’action, c’est lui qui récupère le ballon et c’est lui qui est à la conclusion. Donc pour une fois qu’il montait, il est bien monté… Lilian Thuram, c’était son moment de gloire, putain ! Il a eu en tout 120 sélections (en fait, 142, ndlr). Il y en a 119 qui sont moyennes et une qui est bonne, c’est contre la Croatie (rires). Je n’ai aucune idée de ce qu’il veut faire quand il s’agenouille (après le 2e but). Il devait peut-être faire une campagne de pub et il s’est dit : « Il y a un bon message à faire passer… » (sourire).

Je ne chambre plus Lilian sur ses deux buts. C’était un tout. L’équipe de France, c’était Lilian Thuram comme 21 autres. C’est ça qui est bien. « Thuthu », quand il a « fait » ses deux buts, d’un côté on était surpris mais d’un autre côté non parce que ça allait dans la logique des choses, dans l’énergie qu’il y avait dans cette équipe-là. Je crois que c’est le match le plus tendu qu’on ait jamais joué avec l’équipe de France. Je pense que ce match-là, on a réussi… (il hésite)…à tuer le père. En 1982 et 86, la France avait perdu en demi-finale et avec cette victoire, ça y est, on avait enfin réussi à faire quelque chose, à amener l’équipe de France dans une autre dimension. C’était un peu dans la continuité de ce qu’avaient fait nos aînés. C’est pour ça que c’était une belle victoire. »