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Domenech doit-il être viré ?

Raymond Domenech

Raymond Domenech - -

L’ancien sélectionneur des Bleus peut-il sortir contractuellement intact du fiasco sportif et moral de l’équipe de France en Afrique du Sud ? Son éviction pure et simple de la DTN serait en tout cas à l’étude. Explications.

Quelques heures après la défaite de Bloemfontein, face à l’Afrique du Sud (2-1), point d’orgue de l’humiliation française lors de la Coupe du monde, des responsables fédéraux se posaient déjà la question. Raymond Domenech, l’homme qui a cristallisé toutes les haines et toutes les critiques depuis de nombreuses années, peut-il décemment poursuivre sa mission à la Direction technique nationale ?

Car si son contrat de sélectionneur devait prendre fin à l’issue du Mondial 2010, l’homme possède un CDI à la FFF qui lui garantit un emploi après sa mission à la tête de l’équipe de France. Un cas de figure qui ne réjouit personne au siège de l’instance, rue de Grenelle, même si la question de son éventuel licenciement n’a pour l’instant été abordée ni par le Conseil fédéral, ni par le service juridique de la FFF. Certains dirigeants auraient pourtant sondé indirectement l’intéressé pour qu’il démissionne et trouve à se recaser au sein d’un club ou d’une sélection.

Pour l’instant, ces appels du pied n’ont pas trouvé une oreille attentive. A tel point que certains ne seraient pas contre l’idée de faire payer contractuellement à Domenech la débâcle sud-africaine. Ce ne sont pas les raisons qui manquent : au-delà du manque de résultat, la manière déplorable dont s’est déroulée sa mission, son comportement limite et son absence totale d’analyse voire de franchise pourraient lui coûter. « Il est uni à la fédération par un lien contractuel, souligne Me Gilbert Collard. Donc il n’y a pas de raisons juridiques pour qu’il ne soit pas licencié pour un motif réel et sérieux ou pour une faute grave. Il n’est pas difficile de caractériser les manquements à ses obligations contractuelles. Il devait conduire l’équipe, or il ne l’a pas conduite. Il devait lui insuffler un esprit d’équipe, or il ne le lui a pas insufflé. La succession des fautes qui ont été commises, par leur synthèse, peut constituer une faute grave. »

Un membre de la FFF : « Il y aurait de quoi trouver… »

Voilà pour un volet juridique qui semble néanmoins imparfaitement étayé. Côté pratique en revanche, la virée à Knysna a laissé des traces. Pour Jean-Pierre Karaquillo, directeur du centre de droit et d’économie du sport de Limoges, l’ancien sélectionneur a commis une faute majeure. « La grande erreur de Raymond Domenech aura été d’avoir voulu responsabiliser un certain nombre de joueurs qui n’ont pas les épaules assez larges pour prendre des responsabilités. Autrement dit, il a délégué des responsabilités à des joueurs qui ne sont pas des cadres. Ce ne sont pas des Thuram, des Deschamps, des Blanc ou des Sagnol… »

Domenech a même joint l’impéritie à l’irresponsabilité. La saynète où il lit le communiqué rédigé par ses joueurs, le dimanche de la grève de l’entraînement, est accablante et pourrait constituer une faute grave. Le sélectionneur avait en effet omis de déclarer qu’il n’était pas d’accord avec ce mouvement laissant entendre qu’il le soutenait. Se désolidarise-t-il dès le lendemain, à la veille du dernier match face à l’Afrique du Sud, qu’il passe pour un faible sans caractère. Selon un membre de la FFF, « si quelqu’un en avait la volonté, il y aurait de quoi trouver dans le dossier » de Raymond Domenech. Dans les prochaines semaines ?