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Domenech - Escalettes : une audition qui fait « pschitt »

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Les députés de la Commission culturelle de l’Assemblée nationale sont restés sur leur faim après l’audition du président démissionnaire de la Fédération et de l’ex-sélectionneur, une semaine après le fiasco sud-africain.

Les députés de la commission culturelle avaient la mine quelque peu défaite après l’audition à huis clos de Jean-Pierre Escalettes et Raymond Domenech. Pas de révélation fracassante, à peine quelques éléments d’information. « Je ne sais pas si on a appris, mais je sais que c’était important d’entendre ceux qui étaient en première ligne. Le problème n’est pas de savoir si on a été convaincu ou pas. Il fallait entendre ce qu’ils avaient à nous dire », botte en touche Jean-François Copé, chef de file des députés UMP.

Il est 10 heures pile quand les deux hommes pointent le bout de leur nez dans une pièce aux allures d’hémicycle. Domenech, tête baissée pour fuir les objectifs des caméras et des appareils photos, revêt un costume trois pièces, comme pour ajouter de la solennité à la rencontre. Après la minute réservée aux caméras et photographes, le président démissionnaire et le sélectionneur en fin de règne sont seuls face aux députés. « Je répondrai avec franchise », lance Escalettes, visiblement marqué par les événements.

Pour Escalettes, les joueurs sont des « enfants gâtés et pourris »

Le débat devait rester dans l’intimité. C’est raté. Lionel Tardy, député UMP de Haute-Savoie, brise le huis clos en commentant en direct la séance sur le réseau social Twitter. « Je suis le traître qui twitte et j’assume », écrit-il à 10h45, avant de subir les remontrances de Michèle Tabarot, présidente de la Commission, mise au fait du subterfuge. Le parlementaire stoppe net ses communications. Les questions reprennent. « Ce n’est pas un tribunal, le but est de comprendre », assure Jean-François Copé. Les sujets défilent un à un dans une ambiance sereine et courtoise, selon les protagonistes.

Les joueurs ? « Des enfants gâtés et pourris », selon Escalettes. La grève ? « J'ai été confronté à un mur. Je n’ai jamais vu ça au cours de mes cinquante années dans le football. » Pour Raymond Domenech, assez vague mais bien loin de son ironie habituelle, les raisons du fiasco sont ailleurs. Dans la presse, l’ennemi de toujours. « La Une de l'Equipe a tout déclenché », souligne l’ancien entraîneur lyonnais. « Je lui ai dit que c’était un peu court de dire que les journalistes sont responsables de tout. Il y a des joueurs et un entraîneur », souligne Bernard Debré, député de Paris. Peu après midi, les deux hommes s’enfuient par une porte dérobée pour éviter les nombreux journalistes. Chassez le naturel…

P.B. avec S.O.