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Domenech, l’animal médiatique

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Le plus décrié des sélectionneurs français est en passe de qualifier pour la troisième fois une équipe de France à une phase finale d’une grande compétition. Une performance inédite !

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Raymond Domenech n’aurait jamais dû se retrouver à la tête des Bleus avant les matches de barrage décisifs face à l’Irlande. Pourquoi ? Parce qu’aucun sélectionneur, quel que soit le pays, n’aurait résisté à un échec aussi cinglant que celui subi par l’équipe de France à l’Euro 2008. Eliminés dès le premier tour après avoir montré des faiblesses hallucinantes, les Bleus auraient dû avoir un nouveau chef capable de digérer ce fiasco et de bâtir sur de nouvelles bases.
Oui mais voilà, l’homme est un animal politique. Madré, il a su faire le dos rond face aux critiques, s’immiscer dans les failles du système et profiter d’une alternative réduite. Laurent Blanc bloqué par Bordeaux, Didier Deschamps, poussé par la Génération 98, devenait le recours naturel. Or Dédé n’a pas bonne presse à la fédération. Son passé à l’OM et à la Juve attise les critiques. Et puis Jean-Pierre Escalettes, le président, a le sentiment que les anciens veulent lui forcer la main. Dans la tourmente qui suit l’Euro, Gérard Houllier, le DTN, plaide aussi la cause d’un Domenech qu’il n’apprécie guère mais qu’il préfère à Deschamps.
Le sélectionneur en place peut enfin compter sur le soutien public des cadres de l’équipe. Le passage devant le conseil fédéral n’est plus qu’une formalité. En dépit de ses résultats calamiteux et de sa communication catastrophique, il est reconduit dans ses fonctions. Malheureusement, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Le début des éliminatoires, avec une lourde défaite en Autriche (1-3), est catastrophique. La suite est à l’avenant. Le jeu collectif est indigent, la défense donne de la bande et le milieu n’est pas complémentaire. Le sélectionneur est sur le fil à chaque rendez-vous international.

Les joueurs lui piquent le pouvoir

Il suffira d’une réunion à la veille de France-Roumanie pour crever enfin l’abcès. Pour la première fois de sa carrière en Bleu, Thierry Henry prend ses responsabilités. Il est suivi par certains de ses partenaires. Les critiques pleuvent : séance d’entraînement, schéma tactique, positionnement des joueurs… Interloqué, Domenech encaisse le choc. Mais laisse filer. Il a perdu la main.
Les résultats des Bleus et surtout la manière employée valident la révolution de velours. Si les Bleus se qualifient pour la Coupe du Monde 2010, Raymond Domenech pourra se consoler en se disant qu’il est le premier sélectionneur de l’histoire à qualifier les Bleus pour trois phases finales consécutives après le Mondial 2002 et l’Euro 2008…

M.A. (RMC Sport)