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Duchaussoy réplique à Platini

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Dans une interview accordée à « So Foot », Michel Platini prend un peu plus ses distances avec la Fédération française de football. Son président, Fernand Duchaussoy, préfère calmer le jeu.

Il n’a pas l’habitude de l’ouvrir pour ne rien dire. Jusque-là, Michel Platini n’avait rien lâché sur Knysna, sa mutinerie et son mélodrame. Mais six mois après les faits, c’est sans langue de bois que le président de l’UEFA donne enfin son avis, dans un entretien à « So Foot ».

« C’est nul, c’est des cons », pense-t-il d’abord lorsqu’il apprend que les Bleus ont décidé de faire grève. « Après, tu penses aux répercussions, à tous ceux qui se sont battus depuis quarante ans pour donner une belle image du football français », ajoute-t-il.

Une image qui, selon lui, n’a pas forcément été restaurée par le traitement de l’affaire par la fédération. « Moi, j’aurais été beaucoup plus dur avec les joueurs qui ont fait la grève, avoue-t-il. Je les aurais suspendus à vie. »

Avec ces propos, Michel Platini s’en prend de manière à peine voilée à la FFF et à son président, dont les sanctions à l’égard d’Anelka (suspendu 18 matches), Evra (5 matches), Ribéry (3 matches) et Toulalan (1 match) sont loin de lui avoir donné satisfaction.

Duchaussoy : « J’ai d’excellentes relations avec Michel »

« Michel assume ses propres propos, répond Fernand Duchaussoy, un peu surpris. D’autres avaient un avis totalement inverse. Ils nous demandaient l’amnistie totale. Entre les deux, on a choisi la ligne qui nous paraissait la plus convenable par rapport à la Commission de discipline et à l’actualité. On sait que Laurent Blanc ne voulait sanctionner personne… »

La petite pique de Platini à l’égard de la FFF n’est pourtant pas la première. A la fin du mois d’octobre, quelques heures avant l’ouverture des états généraux du football français, le président de l’UEFA ironisait sur l’initiative. « J’étais absolument contre, explique-t-il alors. Tout ça parce que quatre mecs ne descendent pas d’un bus ! Il vaut mieux leur apprendre à descendre d’un bus plutôt que de faire des états généraux, ça va plus vite. »

De là à y voir un divorce avec la FFF version Duchaussoy, il n’y a qu’un pas. « Il s’exprime en tant que président de l’UEFA et il en parfaitement le droit, rappelle l’intéressé. J’ai d’excellentes relations avec Michel Platini. C’est sans aucun doute un soutien de la fédération, mais il a le droit d’avoir son avis. » Michel Platini est de ceux dont les avis comptent dans le football français. Pas forcément une bonne nouvelle pour le président intérimaire de la fédération.

C. Z. (avec S. O.)