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Entre humour et colère

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Alors que le football français subit actuellement une zone de turbulences après les révélations de Mediapart, les réactions se multiplient sur tous les terrains de France. C’était le cas lors des demi-finales de la Coupe Gambardella.

Ils sont franco-arménien, franco-burkinabé, franco-sénégalais ou encore franco-marocain et ont entre 15 et 19 ans. Tous se sont retrouvés à Mérignac pour disputer les demi-finales de la Coupe Gamberdella. En plein ‘Football Gate’, le sujet est au centre des toutes les attentions. Pas sur le terrain, notamment parce que les joueurs se sont concentrés sur leur match et parce qu’à 19 ans, ils n’ont pas pris conscience de l’ampleur de l’affaire, mais dans les tribunes. Troublant hasard, Mérignac est d’ailleurs la ville où habite Laurent Blanc. Dans la tourmente, le sélectionneur des Bleus n’était pas dans les tribunes. Tout comme le président de la FFF, Fernand Duchaussoy, alors que les deux hommes étaient annoncés. Seul Luc Rabat avait fait le déplacement. Le DTN adjoint ne s’est pas exprimé.

Sur le terrain, la diversité est à l’honneur. Saint-Etienne, Troyes, Sedan et Monaco présentent toutes des effectifs « black, blanc, beur ». Et quand on interroge Abel Bouhazama, l’entraîneur des moins de 19 ans, sur une possible existence de quotas, il s’insurge. « Ce sont des conneries, lâche le technicien. Il n’y a pas de quotas. On fait jouer les bons joueurs, c’est tout. On a été champion du monde en 1998 avec ce type de joueur et aujourd’hui, on remet tout en question. Aujourd’hui on salit mon sport, ma passion mon boulot… Il y a des conneries de faites, mais qui n’en fait pas ? On veut du sensationnel. On aime quand il y a la merde. Il faut prendre le temps de la discussion et de la réflexion pour prendre les bonnes décisions. Ce n’est pas en claquant des doigts que ça va passer. »

Les joueurs s'intéressent peu au scandale

Sébastien a 31 ans. Il est éducateur à Saint-Etienne et pour l'occasion préparateur physique de cette formation qui jouera la finale de la Gambardella. Il assure que les joueurs ne s'intéressent pas à ce scandale, mais a tenu à sensibiliser son groupe sur le ton de l’humour. « Je leur ai dit avant le match contre Troyes que je ne savais pas comment faire le match car on a droit qu’à 30% de blancs. On devait alors jouer à huit. Ils m’ont chambré en me disant que Troyes allait jouer à cinq parce qu’il y avait encore plus de black chez eux. »

Les clubs ne sont d’ailleurs pas ‘dérangés’ par ces cas de figure puisque ces joueurs peuvent jouer dans le club, qu'importe ensuite la sélection nationale qu'ils choisissent. Il ne s’agit que de centres de formation des clubs professionnels qui n’ont pas vocation à former des joueurs pour l'équipe nationale mais pour le club. La double nationalité n’est donc pas au cœur de leurs préoccupations. A Sedan, ce sont trois… Luxembourgeois, dont un international qui a joué contre les Bleus, qui sont alignés au début de la rencontre. A Monaco, par exemple, on ne parle pas de couleur mais de qualité. Quatre joueurs sur le onze titulaire avaient déjà évolué en L1.

Quant au terrain, on en aurait presque oublié que Saint-Etienne et Monaco se sont respectivement imposés contre Troyes et Sedan, validant ainsi leur billet pour la finale de la Gamberdella le 14 mai. Une pluie de buts pour ‘oublier’ cette triste polémique.

P.Ta. avec O.S. à Mérignac