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Equipe de France : Des raisons de ne pas être optimiste

Mamadou Sakho

Mamadou Sakho - -

Les Français aiment faire preuve de mauvaise foi. Nous aussi ! Alors, au lendemain de l’écrasante victoire des Bleus face à la Suisse (5-2) synonyme de rêve les plus fous, RMC Sport tire la sonnette d’alarme et a listé tous les motifs d’inquiétude.

Parce qu'il faut prendre les matches les uns après les autres (et l'important, c'est les 3 points)

Une deuxième étoile au-dessus du coq ? Le champagne au frais et la soirée sur les Champs-Elysées déjà planifiée pour le 13 juillet ? C’est un petit peu le sentiment qui domine chez beaucoup de supporters français en ce lendemain de succès éclatant. Gare cependant à nous laisser emporter par cette euphorie débordante. Deux matches seulement ont été disputés contre des nations mineures du football mondial. Benzema n’a pas encore eu l’occasion de se frotter aux défenses de fer comme celles du Brésil ou de l’Allemagne. Pas de grandes nations en vue avant les quarts de finale d’ailleurs. Le coq peut être fier, mais il ne plane pas aussi haut que l’aigle allemand et ne rugit pas comme le lion néerlandais. Les titres dithyrambiques de la presse française et mondiale ? Oubliez-les un instant. Et insistez un peu plus – ou un peu trop, c’est selon – sur les failles de ces Bleus.

Parce que les Bleus restent sur un 0-2

Peut-être que certains d’entre vous ont éteint leur poste de télévision à 5-0, afin d’aller réveiller vos voisins dans les rues. Mais sachez que la défense française s’est bien relâchée en fin de rencontre. L’équipe se regarde jouer, manque de concentration et la punition n’est jamais bien loin. D’abord, un coup-franc lointain à ras de terre transperce un mur français dont les finitions laissent à désirer (81e). Puis un courant d’air dans le dos de la défense tricolore profite à Granit Xhaka, qui marque face à un Hugo Lloris abandonné mais plus aussi rassurant dans les moments difficiles. De là à remettre en cause son aura ? « Comme vous le savez, pour un gardien, ça ne fait pas plaisir, surtout qu’ils étaient évitables », lâche un gardien français dépité (mais pas trop quand même) après la rencontre.

Parce que Mamadou Sakho n'est pas (encore) Marcel Desailly

Peut-être la légère fausse note des Bleus hier soir. Même si ce n’est pas totalement de son fait. Une relance dans l’axe dès la première minute donne le « la » d’une performance en deçà de ses coéquipiers. Bousculé par un attaquant helvète fantomatique, Haris Seferovic, l’ancien parisien commet quelques erreurs de (re)placement. Sa deuxième période, si on peut la nommer ainsi, est plus consistante et on retrouve le joueur de Liverpool, solide dans les duels. Jusqu’à la tuile (66e). Sakho est forcé de laisser sa place à l’homme de Tulles, Laurent Koscielny, en raison d’une élongation à la cuisse. « Sur un tacle, j'ai senti une douleur à la cuisse droite, explique le défenseur central des Bleus après la rencontre. J'ai préféré ne pas prendre de risque mais on verra les sensations au réveil. » Pas trop inquiet, le staff estime qu’il pourra tenir sa place contre l’Equateur mercredi prochain (22h).

Parce que les Bleus restent des... bleus au haut niveau international

Si la débâcle de 2010 semble rangée au placard, l’équipe de France n’a plus battu une grande nation en compétition internationale depuis… le Portugal (1-0), en demi-finale du Mondial 2006. Depuis, il y a eu les Pays-Bas (1-4) et l’Italie (0-2) en 2008, une élimination honteuse en Afrique du Sud, l’Angleterre (1-1) et l’Espagne (0-2) en 2012. Des Ibériques qui nous ont d’ailleurs devancés en qualifications, s’imposant même au Stade de France (1-0) en mars 2013. Si les Bleus veulent aller loin au Brésil, ils devront donc tôt ou tard affronter des grandes nations du football. Et les battre. Vaincre les petits pays permet de se rassurer, de franchir le premier tour et d’atteindre les quarts de finale. Si l’exploit contre l’Ukraine (0-2, 3-0) en barrages représente un tournant, le changement contre les favoris, c’est maintenant. Idéal en vue d’aborder l’Euro 2016 en France. Cette fois-ci comme favori.

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La rédaction