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Equipe de France - Kanté : "Je me dis que les choses arrivent vite"

Retenu par Didier Deschamps, N’Golo Kanté a vécu sa première fois conférence de presse dans la peau d’un joueur de l’équipe de France, ce mardi. Le milieu de terrain de Leicester City en a profité pour revenir sur son parcours incroyable, son choix de ne pas jouer pour le Mali et la lutte pour le titre en Premier League. En toute sincérité.

N’Golo, comment se passe votre découverte de Clairefontaine ?

Lors de ma première journée, j’ai découvert les installations de Clairefontaine, le lieu et la Coupe du monde 1998 (une réplique XXL du trophée est installée sur une pelouse à l’entrée du site, ndlr). J’ai découvert mes partenaires qui sont de bonnes personnes. Ils m’ont accueilli amicalement et m’ont fait des petites blagues, c’était chaleureux. Il y a ceux que je connaissais en tant qu’adversaires en club et ceux que je n’avais jamais vus à part à la télévision. J’ai dû me coller au bizutage mais ça va rester entre nous. J’ai chanté « Désolé » de Sexion d’Assaut. Un classique.

Quel est votre meilleur rôle sur le terrain ?

Quand je joue en tant que milieu relayeur, ça me convient bien. C’est le poste que j’occupe à Leicester City et que j’occupais à Caen. Ça me correspond bien.

Quand vous vous retournez sur votre trajectoire, avez-vous la sensation que tout est allé très vite pour vous ?

Parfois, je réfléchis au lieu où je suis aujourd’hui et je me dis que les choses arrivent très vite. Il faut assumer, se décider et donner le meilleur à chaque fois.

Justement, vous évoluiez encore en PH il y a six ans. Ces championnats cachent-ils des talents comme les vôtres ?

En PH ou dans les divisions au-dessus comme le CFA 2, il y a de très bons joueurs mais le plus dur est d’arriver en professionnel. C’est la bataille la plus compliquée.

Quelles sont les raisons qui font que Leicester City soit toujours en course pour le titre en Premier League à sept matches de la fin du championnat ?

Même nous, ça nous a surpris. En début de saison, on ne pensait pas jouer ce rôle. On pensait juste au maintien mais on a réussi à garder cette position au fur et à mesure des matches. Avec de la détermination et de l’envie, on veut rester là le plus longtemps possible. On ne sait pas si on pourra le rester jusqu’à la fin de la saison mais on va se battre pour.

« Le Mali m’avait contacté »

Quels joueurs vous ont inspiré ?

Les joueurs qui m’ont fait vibrer et que je regardais en vidéo, c’était Ronaldo le Brésilien et Maradona. Il y a aussi les beaux parcours de l’équipe de France en 1998, en 2000 ou en 2006, ça reste des équipes et des joueurs qui nous ont faits vibrer.

Qu’est-ce que cela représenterait de disputer l’Euro en France ?

C’est une chance de pouvoir jouer l’Euro en France. Aujourd’hui, c’est ma première sélection. Je vais faire ce que j’ai toujours fait : me concentrer sur cette première et donner le maximum. Pour l’Euro, le sélectionneur fera un choix. On verra ce qu’il se décidera.

Avez-vous hésité entre la sélection française et la sélection malienne ?

Le Mali m’avait contacté et j’ai parlé avec eux (les dirigeants, ndlr). Ça n’a pas été un choix forcément facile à faire. J’ai dû en faire un et j’ai choisi l’équipe de France par rapport à ce que ça représentait pour moi. Je suis content d’être là aujourd’hui.

A quel moment avez-vous reçu les premiers signes d’un intérêt de l’équipe de France ?

Le premier intérêt que j’ai remarqué, c’est la pré-sélection il y a dix jours. Avant cela, je n’étais pas au courant d’un intérêt par rapport à la sélection française.

« Mon équipe m’a mis en valeur »

Avez-vous conscience que vous impressionnez beaucoup les observateurs en France ?

J’ai eu certains échos par rapport à ça. Mais c’est surtout grâce à mon équipe. On fait une saison inattendue, j’ai des bons partenaires et c’est grâce à ça que je suis là aujourd’hui. C’est surtout mon équipe qui m’a aidé à être performant.

Comment expliquez-vous votre éclosion en Angleterre ?

C’est un championnat qui me correspond et qui m’a mis en valeur par rapport au fait que ce soit plus direct et plus rythmé que la L1. Mon équipe, aussi, m’a mis en valeur parce qu’elle défend et ne lâche rien pour ne pas encaisser de buts. Tout le monde défend et on essaie de se projeter au mieux quand on a la balle. Ces qualités m’ont aussi permis de me mettre en valeur.

Quelles sont les attentes de Didier Deschamps à votre sujet ?

Il m’a dit de rester naturel. Il m’a suivi la saison dernière et cette année. C’est par rapport à mes performances qu’il m’a sélectionné. Il sait comment je joue et ça ne sert à rien de changer. Il faut que je fasse ce que je fais en club et ça se passera bien.

Sur quel point pensez-vous avoir progressé cette saison ?

Individuellement, j’ai progressé tactiquement. En Angleterre, c’est différent de Caen même si j’ai aussi beaucoup progressé là-bas. C’est un autre aspect tactique avec le coach Ranieri. J’ai aussi pris de la maturité et de l’expérience. C’est un autre championnat et ça va me permettre d’agrandir ma palette sportive. Ce qu’a apporté Ranieri ? Sur l’aspect défensif, il a insisté sur quelques points par rapport à la couverture et à mon positionnement pour aider le mieux mes défenseurs en phase défensive. Il a aussi apporté de la confiance. Il nous a dit qu’on était une bonne équipe et qu’on avait les moyens de faire quelque chose en Premier League et d’assurer un maintien rapidement. Il gère très bien le groupe. Une fois que le maintien a été acquis, il nous a dit que ce n’était que du bonus et qu’il ne fallait pas avoir peur, ni trop hésiter par rapport à la situation qu’on vivait. On est insouciant et on fait une saison exceptionnelle qu’on veut bien terminer. C’est pour ça qu’on défend tous.

Propos recueillis par Mohamed Bouhafsi