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Espagne-France, par Willy Sagnol

Zinedine Zidane et Willy Sagnol

Zinedine Zidane et Willy Sagnol - -

Willy Sagnol, le latéral droit de l’équipe de France pendant la Coupe du Monde de 2006, revient sur le 8e de finale face à l’Espagne (3-1). Aujourd’hui manager des équipes de France de jeunes, il se projette aussi sur le match de mardi.

Ses souvenirs du France-Espagne de 2006 (3-1)
« Je n’ai pas trop de souvenirs sur les échos avant la rencontre. Nous étions bien ‘‘enfermés’’, concentrés sur notre compétition. Zizou avait peut-être entendu certaines choses (la presse espagnole l’envoyait déjà à la retraite, ndlr), car il avait fait un match intéressant. C’était un huitième de finale, nous étions libérés du poids de 2002 et de l’entame catastrophique. Nous avions trouvé le onze de départ, les automatismes. Devant, nous avions des joueurs de grande qualité. Cela s’était plutôt bien passé même si nous étions menés un à zéro. »

Son homme du match : Patrick Vieira
« Il avait été énorme, il était partout, devant, derrière. C’est lui qui donne le premier but, qui marque le deuxième… Il avait été monumental ce jour-là. »

Sa vision de l’intouchable Roja
« Cela montre que l’on peut construire sur des défaites, des échecs. L’équipe de France, depuis quelques années, n’a pas le succès escompté. Mais cela peut être un bon socle pour construire l’avenir. Que les joueurs n’aient encore rien gagné, cela peut être leur ciment, de montrer que ce n’est pas uniquement une équipe à problème et de gagner quelque chose ensemble. »

Son avis sur la domination espagnole
« Actuellement, elle est tout en haut, chez les jeunes ou les plus grands. Il y a une locomotive qui s’appelle le FC Barcelone. Quand, dans les années 1990 ou 2000, le Barca ne produisait aucun joueur, l’Espagne n’obtenait aucun résultat. Je ne suis pas persuadé que ce soit le système espagnol qui soit à la pointe, mais le système du Barca qui est à la pointe. Mais c’est plus qu’un système, c’est une culture, une philosophie. Mais on ne peut pas l’adapter en France, c’est impossible. »

Son penchant pour le Brésil
« Jouer le Brésil, c’est toujours le match et l’adversaire historique, pour les Allemands, les Anglais, les Italiens... Maintenant, les Espagnols, c’est ce qui se fait de mieux actuellement. Au niveau du spectacle, je préfère regarder le Brésil plutôt que l’Espagne, qui parfois peut être un peu ennuyante à regarder mais qui a des succès énormes. »

Son pronostic pour mardi
« Pour mardi, j’espère qu’il y aura onze Vieira de 2006. C’est un match où l’équipe de France n’a rien à perdre. Pour tout le monde, l’Espagne est favorite, ce qui est normal. Justement, ils doivent aborder ce match sans aucune pression, uniquement avec l’envie de faire un coup, un exploit. Et c’est ce genre d’exploit qui peut cimenter ce groupe et l’emmener vers quelque chose de bien en 2014 au Brésil. »

Propos recueillis par NJ et J.Re.