RMC Sport

Evra, pas si facile à remplacer

Patrice Evra

Patrice Evra - -

Arrivé en équipe de France en 2004, Patrice Evra est encore là pour le Mondial au Brésil. Car malgré des performances inégales et une attitude parfois déplorable, le Mancunien est un élément essentiel du groupe de Didier Deschamps.

Plusieurs fois, il a frôlé la porte. De l’épisode de Knysna, où son rôle de capitaine mutin lui avait valu cinq matchs de suspension, à sa virulente attaque contre certains consultants, le 20 octobre dernier dans Téléfoot, Patrice Evra a plusieurs fois flirté avec les limites à ne pas franchir. Mais malgré les vagues qu’il provoque lui-même, le latéral gauche est toujours là, prêt pour disputer la deuxième Coupe du monde de sa carrière. Car comme il se plaît lui-même à le dire, ce n’est « pas si facile que ça de remplacer Evra ». Difficile de lui donner tort. Et cela pour plusieurs raisons.

Sportivement, l’homme aux 56 sélections a souvent été remis en cause, jugé trop laxiste défensivement. Mais malgré ces critiques, le joueur de Manchester United (33 ans) a toujours réussi à repousser la concurrence. Gaël Clichy, son successeur « logique », n’a jamais convaincu en sélection. Pas plus que Jérémy Mathieu, testé lors de la dernière tournée en Amérique du Sud. Quant à Lucas Digne (20 ans), présent dans le groupe des 23, il incarne une bonne solution de rechange mais surtout d’avenir. « Pour moi, c’est un joueur indispensable à l’équipe de France, déclare Grégory Coupet. Quand il n’était pas là, personne n’a crevé l’écran à ce poste. » Sauf blessure ou énorme méforme, c’est donc Evra qui sera titulaire sur le côté gauche de la défense des Bleus au Brésil.

Cabella : « Evra et Ribéry, ce sont les patrons »

Si elle irrite certains, encore marqués par l’attitude d’Evra lors du dernier Mondial, sa présence dans le groupe qui s’envolera pour le Brésil est on ne peut plus logique. S’il dispose d’un effectif au sein duquel plusieurs jeunes talents émergent (Pogba, Varane, Digne, Griezmann) et où l’on trouve beaucoup de joueurs qui ont fait leurs preuves dans les plus grands clubs européens (Benzema, Sagna, Matuidi, Giroud,…), Didier Deschamps compte peu de leaders naturels. Même s’il ne porte plus le brassard de capitaine, Evra en est un. Un joueur capable de tenir « un discours d’homme » salvateur à la mi-temps d’un match de qualification mal embarqué en Biélorussie (4-2). 

Une attitude confirmée par Rémy Cabella, qui a découvert le groupe des Bleus ces deux dernières semaines : « Patrice Evra et Franck Ribéry, ce sont les patrons ». Didier Deschamps le sait depuis bien longtemps, lui qui avait fait du natif de Dakar un de ses relais sur le terrain lors de son passage à Monaco. Et si le sélectionneur tricolore sait que le comportement d’Evra en Afrique du Sud a laissé une trace « indélébile », comme en ont témoigné les quelques sifflets qui ont accompagné le joueur lors du dernier match contre la Norvège (4-0), il sait aussi qu’il est le plus à même de tirer le meilleur de son arrière-gauche. Car qu’on l’adore ou qu’on le déteste, Evra, qui vient de prolonger d’un an son contrat à Manchester United, n’est vraiment pas facile à remplacer. 

A lire aussi : >> Cabaye, la bonne mécanique >> Hollande à Clairefontaine : un déjeuner présidentiel mais simple pour les Bleus >> De Ciani-Escudé à Sakho-Varane : les innombrables tests des sélectionneurs français

AA